Sans jambes ni génie
Ereintés par leurs deux test-matches contre la Nouvelle-Zélande, les joueurs du XV de France ont été dévorés par les Australiens (22-6), samedi à Sydney, à l'occasion de leur dernière sortie de l'année dans l'hémisphère sud. Mais la fatigue est-elle la seule excuse pour justifier cette défaite ? L'indiscipline et le manque d'inspiration offensive n'en découlent pas forcément.
Les Bleus n'ont pas réussi à tromper la vigilance des Australiens. (Reuters)
"Oui il y a de ça..., confirme d'ailleurs le sélectionneur du XV de France à Sud-Ouest. Les joueurs ont été courageux mais il y a clairement eu un problème de fraîcheur physique. Sur ce match, on a payé les pots cassés des deux premiers matches en Nouvelle-Zélande. Ce "problème de fraîcheur" s'est surtout manifesté dans les phases de combat. En mêlée, les Français n'ont pas fait le poids et ce constat s'est répété dans les rucks. Au grand regret de Marc Lièvremont: "On avait souffert au niveau des mêlées spontanées lors du deuxième test (face aux All-Blacks), là on n'a carrément pas rivalisé. Une fois qu'ils avaient pris le contrôle au score, on a un peu déjoué et donné des points. Mais les joueurs ont au moins eu le mérite de se battre jusqu'au bout."
Cela n'a pas suffi à améliorer la copie d'ensemble. Bien sûr, les Wallabies possèdent l'une des défenses les plus imperméables du globe mais ils n'ont pas non plus livré une prestation hors norme. Si les Bleus avaient fait preuve de plus de créativité offensive, ils auraient peut-être pu compenser ce déficit physique qui les a condamnés dans les impacts. Seulement voilà, avec une conquête en berne, difficile d'écarter au large ou de varier le jeu à bon escient. Pas encore alignée au cours de cette tournée, la charnière Yachvili-Beauxis ne s'est donc pas vraiment montrée à son avantage. Or, comme le concède Cédric Heymans dans les colonnes de la Dépêche du Midi, "il n'y pas de mystère, pour faire déjouer l'Australie, il faut savoir mettre un peu de folie".
Lièvremont: "Les Wallabies n'avaient plus qu'à attendre nos fautes"
Sans génie et sans jus, les joueurs du XV de France savaient qu'ils ne seraient pas de taille. "On a joué avec beaucoup de courage mais peu de lucidité, peu de tête, admet le capitaine Thierry Dusautoir. On a négocié ce match à l'envers. On avait identifié des zones pour lancer le jeu et on ne l'a pas fait." La fatigue n'explique pas tout, donc. L'indiscipline, qui leur a coûté si cher après le repos, aurait pu être évitée. En dix minutes, entre grattage illicite et libération tardive, les Français ont donné neuf points à leurs hôtes. Trop aimables... Mais l'Australie est une équipe extrêmement bien organisée, se défend Marc Lièvremont. On a manqué d'alternance et on a beaucoup joué dans notre camp. Les Wallabies n'avaient alors plus qu'à attendre nos fautes."
Elles auront été assez fréquentes pour que Matt Giteau, par ailleurs auteur du seul essai du match, ne se régale. L'ouvreur des Aussies a sauté sur la moindre occasion accordée par l'arbitre, parfois sans que les joueurs tricolores ne comprennent pourquoi, pour creuser l'écart. "On finit sur une défaite assez lourde, déplore Fabien Barcella sur le site de RMC. C'est un sentiment mitigé, d'avoir pris aujourd'hui (samedi) une petite correction mais aussi d'avoir pu rivaliser avec les Néo-Zélandais. On a un sentiment bizarre mais on est globalement satisfait de cette tournée surtout sur l'agressivité et l'état d'esprit." Là-dessus, rien à dire. Les Bleus se sont battus, que ce soit en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Mais au haut niveau, cela ne suffit pas toujours.






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