Oh Toulouse !
Sept ans après leur dernier titre national, les Toulousains, tombeurs samedi de Clermont en finale du Top 14 (26-20), ont ramené un 17e Brennus dans la Ville Rose où leurs supporters les ont fêtés dimanche comme il se doit Place du Capitole. Retour sur une saison dantesque qui marquera l'histoire du Stade.
La Ville Rose a accueilli le Brennus et ses héros à bras grands ouverts. (Maxppp)
Le planchot, comme on l'appelle encore est plus que centenaire. Ça tombe bien, le Stade a fêté ses cent bougies l'an passé. Et la magie opère toujours sur ces grands gaillards qui samedi se sont encore montrés capables de repousser leurs limites physiques pour éteindre le feu clermontois. Le commandeur Pelous, qui passe par là et accroche le trophée pour la troisième fois, n'y échappe pas: "Chaque fois c'est différent mais le plaisir est le même." Et Heymans de vous regarder avec des étoiles pleins les mirettes: "Je suis fier d'appartenir à ce club. Tout petit, on a des envies, envie de rejoindre un club, envie de vivre des grands moments... Quoi qu'il arrive, on ne pourra pas nous l'enlever." Et pendant que Guy Novès déverse toute sa rancoeur à l'égard de ceux qui ont eu l'outrecuidance de douter de son Stade (voir: En direct du Stade de France), tout un club chavire de bonheur... Très classe, Jauzion, lui, rend hommage à Clermont et s'excuserait presque: "Clermont le gagnera le Bouclier, c'est une grande équipe, je ne me fais pas de soucis pour eux. Mais on avait faim parce qu'on avait raté beaucoup et c'était trop par rapport à notre potentiel..."
Heymans: "Je n'ai pas envie de récupérer, j'ai envie de savourer"
Sept ans après le dernier titre national, déjà arraché aux Clermontois, le Bouclier est de retour Place du Capitole où, si l'on avait su faire passer le temps en célébrant deux Coupes d'Europe, on se languissait de pouvoir fêter de nouveau le Graal. Car c'est bien de cela dont il s'agit à écouter Heymans encore et toujours: "C'est beau, c'est comme aller chercher le Graal, je ne pouvais pas rêver mieux. Je ne réalise pas encore parce que j'avais envie." Intarissable l'ailier international qui a fini sur une jambe cette saison débutée... en juin dernier. "Je parlais avec le biologiste du club, qui est aussi celui de l'équipe de France, poursuit Heymans, et il me disait: "Tu imagines ta saison individuelle a commencé début juin et je t'ai fait le premier prélèvement début juillet, ça fait un an !" Je suis plus en forme avec la tête qu'avec les jambes. Et pourtant lorsqu'on lui parle repos et vacances, l'ancien Briviste vous répond: "Je n'ai pas envie de récupérer, j'ai envie de savourer."
Et alors que Novès a déjà fixé la reprise dans un mois tout juste, ses joueurs, qui dans le vestiaire avaient troqué le traditionnel: "On est les champions" par un "On est en vacances" de circonstances, préfèrent chasser cette échéance presque indécente de leur esprit pour mieux profiter des célébrations du titre. Il n'y a bien que Maxime Médard, le chien fou si talentueux de la bande pour du haut de ses 21 ans en redemander: "Je termine un peu fatigué mais moi j'ai hâte de reprendre la saison prochaine." De sept ans son aîné, "Jauzie", alias Yannick Jauzion, auteur d'un match énorme samedi, lui se lâche: "On ne va pas faire d'intox, on va faire la fête. Il faut savourer, sereinement et tranquillement pour que ça reste un bon souvenir et que ça consolide encore un peu plus notre groupe."
Le groupe, notion essentielle au rugby comme dans tout sport collectif mais qui cette saison à Toulouse aura été transcendée sous l'effet des coups durs: "C'est très dur de jouer sur les deux tableaux", convient Jauzion. "On y est arrivé cette saison mais il va falloir bien récupérer et continuer à faire jouer tout le monde parce que c'est un groupe qui gagne ce soir et pas seulement les 22 joueurs présents sur le terrain. (...) Il y a un peu un effet boule de neige quant on voit tous les joueurs qui s'investissent, on a envie de faire pareil, de faire encore plus et de montrer la voie. On était tous sur la même longueur d'ondes." La famille toulousaine n'était pas qu'une vue de l'esprit cette saison: "Mais c'est à l'image de tous les pépins qu'on a eus, commente un Heymans ému, de Jean-Ba (Elissalde), de Florian (Fritz) qui a fait tant d'efforts pour revenir, de Vincent (Clerc), de Cément (Poitrenaud) qui nous ont apporté ce côté positif en étant sur le bord de la touche et en nous disant: "On est là !" Chaque joueur qui nous a quitté a voulu rester et être au contact du groupe, on ne s'est jamais dessoudé. Quand on voit l'implication de Greg Lamboley en demi-finale, qui était si déçu de ne pas jouer mais qui a joué les porteurs d'eau, nous a encouragé, ou de Virgile Lacombe (23e homme, samedi) ce soir (samedi), ce sont des images qui montrent qu'on vit bien dans ce club et qu'on a envie de se retrouver en dehors. Une saison post-Coupe du monde, aller chercher une finale de Coupe d'Europe, perdue de trois points (13-16), et gagner un titre, c'est bien. On s'était dit que pour marquer ce club, il fallait des titres et être champion de France. Champion d'Europe, ça n'existait pas à l'époque. Une génération comme la nôtre ne pouvait pas passer à côté de ça!"
Touchés dans leur orgueil
Des valeurs de solidarité qui ont compté tout autant que la formidable prestation des avants toulousains en finale, expression évidente d'un secteur de jeu retrouvé cette saison: L'apport de Yannick (Bru) a été important dans l'approche analytique du jeu d'avants et ça a porté ses fruits. On était conscient que, certes on avait quelques lacunes, mais aussi qu'on était quand même de bons joueurs, notamment devant. Huit talents qui ont mis en pièce la conquête clermontoise et même neuf si l'on tient compte du Kiwi Byron Kelleher énorme pour sa première finale et inclassable par son talent protéiforme: "Choisissez avant, trois-quarts, demi de mêlée..., énumérait le président Bouscatel au sujet de celui qui passe déjà pour la recrue du siècle dans la Ville Rose. Je crois qu'il est le prototype même du rugbyman moderne capable d'avoir une panoplie complète, d'alterner le jeu, d'éjecter, de jouer au près, défensivement énorme. Il se plaît beaucoup à Toulouse." Au point que l'ancien All-Black devrait prolonger jusqu'en 2011.
L'occasion ainsi pour Kelleher d'aller chercher cette Coupe d'Europe dont la perte en finale face au Munster il y a un mois constitue l'autre levier de cette magistrale conclusion stadiste. Et cette fois Heymans emprunte des accents très chers à Novès pour exprimer l'orgueil touché du Stade: "Ça n'efface pas la finale de Coupe d'Europe parce qu'après, il a fallu rebondir. Tout le monde donnait Clermont favori et nous, on n'a pas fait de bruit, on n'a rien dit, on a bu, on a mangé vos paroles (il s'adresse aux journalistes): Merci! C'est grâce à vous. Une génération doit marquer le club et ça passe par un titre de champion de France, c'est évident." Les Jauzion, Heymans, Elissalde et les autres, qui se languissaient de ce Brennus qui leur manquait, entrent pour de bon au panthéon du Stade et entretiennent la légende du club plus que jamais le plus titré de l'Hexagone: "Ça continue à améliorer l'image de marque du Stade Toulousain. C'est très important, c'est dur de construire cette notoriété et c'est facile de chuter. Et il faut qu'on l'entretienne parce qu'on se fait craindre et c'est bénéfique pour Toulouse." Et ce n'est pas prêt de s'arrêter...





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viennent les emblèmes des équipes ?
