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Le 28/06/2008 à 13:53 Par SYLVAIN LABBE
De Sports.fr

Défaits, pas coulés...

Loin des naufrages de la saison passée à pareille époque face aux All-Blacks, le XV de France, bien que défait (34-13) samedi, à Sydney, par les Wallabies, a affiché de belles promesses, à l'image du jeune Alexis Palisson auteur d'un essai pour sa première sélection. Avec un peu plus d'audace, notamment en première période, les Bleus auraient même pu espérer beaucoup mieux...

Lacroix sous la pression de Cross, la France est battue. (Reuters) Lacroix sous la pression de Cross, la France est battue. (Reuters)
Un an après la tournée suicide en Nouvelle-Zélande, marquée par deux corrections records (42-11, 61-10), l'équipe de France a entamé son périple en Australie sur un lourd revers sans doute mais la manière laisse à penser que les raisons de ne pas craindre le déluge dans une semaine à Brisbane pour la deuxième levée face aux Wallabies sont réelles. Car si la victoire australienne, construite en vingt minutes au retour des vestiaires, ne souffre aucune contestation, les regrets existent pour ce XV de France privé de ses meilleurs éléments et où pas moins de sept joueurs ont effectué leurs grands débuts en bleu samedi.

Et notamment celui de ne pas avoir su exprimer les intentions de jeu que l'on prête à cette équipe et à son staff au cours d'une première période passée au coude à coude avec les joueurs de Robbie Deans, le nouveau sélectionneur néo-zélandais de l'Australie, et conclue sur un retard de quatre points (10-6). L'équipe de France avait alors sans doute laissé passer sa chance mais n'a pas tout perdu à Sydney avec la révélation d'un Alexis Palisson plein de culot, la performance notable d'une première ligne new look ou encore les belles rentrées des néophytes en seconde période...

Avec un peu plus d'audace...

Dans un stade olympique qui, comme on pouvait s'y attendre, sonne le creux, les Bleus n'échappent pas à la pression des Wallabies sur cette entame de match. Mais face au jeu assez brouillon de cet adversaire en début de cycle, Lionel Nallet et ses coéquipiers, à l'exception d'une faute au sol de Sébastien Chabal non convertie par Matt Giteau (3e), réalisent une performance défensive de premier plan entre solidarité, efficacité et don de soi, à l'image de François Trinh-Duc qui n'hésite à plonger dans les jambes du capitaine aussie, Stirling Mortlock lancé comme un camion (4e). Une capacité à museler les Australiens, notamment dans les zones de ruck et de combat, que les Tricolores ne dépassent pas, exception faite de cette relance pleine de culot du jeune Alexis Palisson (6e), alors que l'alignement français perturbe pourtant énormément la touche adverse et bénéficie de bonnes munitions.

Mais, sans doute en manque de repères et de confiance, la charnière Yachvili-Boyet se contente d'un jeu d'occupation au pied qui a le don de remettre la pression sur les Bleus qui ne craquent qu'après vingt minutes de jeu sur une faute de Damien Traille sanctionnée par Giteau (3-0, 19e). Ouverture du score à laquelle Dimitri Yachvili répond dans la foulée après que Pépito Elhorga a été la victime d'un double plaquage un peu trop rugueux de la troisième ligne australienne, Elsom-Palu (3-3, 22e). Fatal à l'ailier bayonnais, touché à une épaule et qui doit céder sa place au Berjallien David Janin, mais le XV de France tient en respect les doubles champions du monde incapables de s'offrir la moindre occasion d'essai. Et l'on se dit qu'il y aurait sans doute la place pour peu que les Français y mettent un peu plus d'audace et d'initiatives. Mais la conservation australienne, totale ou presque, est un travail d'usure, un investissement sur le long terme dont Giteau finit par toucher les premiers dividendes avant la pause sur une touche rapidement jouée à l'origine par l'arrière Cameron Sheperd et les bons relais de Mortlock (entaché d'un hors jeu?). Replacé dans l'axe en défense, Chabal n'a pas les moyens de stopper Giteau qui file vers le premier essai (10-3, 36e). Mais s'ils devaient s'en persuader, les Bleus, sur leur première accélération, voient Picamoles franchir et Trinh-Duc, s'il ne peut contrôler le ballon, met à la faute la défense australienne et Yachvili ramène les Bleus au contact à la pause (10-6, 40e)

Un terrible coup de barre

Reste à savoir si la grosse débauche d'énergie des Français au cours de cette première période va peser au retour des vestiaires. La réponse ne tarde pas. Les Bleus sont entamés physiquement et prennent la grêle. Un terrible coup de barre qui se concrétise sur une reprise calamiteuse. En quatre minutes, les Wallabies s'en vont inscrire deux essais par Sharpe, suite à une touche française perdue et un gros travail initial de son demi de mêlée Burgess (17-6, 43e), et Elsom, mis sur orbite par ses trois-quarts et parfaitement servi au ras par Giteau (24-6, 47e). Ce match a définitivement basculé et l'Australie engrange les points grâce à la botte de Giteau (27-6, 51e).

Le coaching de Marc Lièvremont, matérialisé par les premières capes de Lacroix, Kayser, Boyoud, Tillous-Bordes et Mathieu Lièvremont, autorise bien un temps fort des Bleus sur la ligne australienne, malheureusement pas concrétisé (54e), mais n'empêche pas Mortlock d'inscrire en contre et sur une interception suite à une passe mal assurée de Traille le quatrième essai australien (34-6, 62e). Les Bleus se doivent de réagir et sauvent l'honneur par leur benjamin, Palisson, qui, non content d'avoir, comme il l'avait annoncé dans la presse, gagné son duel face au géant Lote Tuqiri, sorti dès la 20e minute de jeu, s'offre sous les poteaux son premier essai international sur une superbe passe intérieure de Trinh-Duc, passé à l'ouverture (34-13, 66e). Le Briviste, dans une fin de match à l'avantage de sa formation, affiche une drôle d'aisance. Mais le score est fait et il faudra s'inspirer de cet état d'esprit dans une semaine à Brisbane.

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