rechercher

Services personnalisés gratuits : Inscrivez-vous | Accès membres

Accès membres : merci de vous identifier Mot de passe oublié ?

Bienvenue Prénom - Déconnexion

Le 24/06/2009 à 17:29 Par SYLVAIN LABBE
De Sports.fr
Réduire le texte Augmenter le texte Imprimer l'article Envoyer l'article à un ami

Yade: "Un immense honneur"

Vingt mois et puis s'en va: Bernard Laporte n'est plus secrétaire d'Etat aux sports. L'ancien sélectionneur du XV de France est l'une des victimes du remaniement ministériel opéré mardi par le président Sarkozy au sein du gouvernement Fillon. On attendait pour lui succéder David Douillet, un autre proche du chef de l'Etat, ce sera l'inattendue Rama Yade qui, si elle perd son portefeuille des Droits de l'Homme, réfute l'idée d'une mise au placard.

A 32 ans, Rama Yade déclare passer d'une famille à l'autre avec les mêmes valeurs. (Reuters) A 32 ans, Rama Yade déclare passer d'une famille à l'autre avec les mêmes valeurs. (Reuters)
La météorite Laporte est passée. Bombardé secrétaire d'Etat à la Jeunesse (attribution qu'il perdra en cours de route) et aux Sports dès le lendemain de la Coupe du monde de rugby 2007, disputée en France, l'ancien sélectionneur des Bleus a appris mardi, à l'annonce du remaniement ministériel, qu'il n'irait pas plus loin que ses vingt mois de présence au gouvernement dans la fonction. Une page se tourne pour celui dont la nomination à ce poste en avait surpris plus d'un et devait avant tout à l'amitié qui le lie à Nicolas Sarkozy. Pour lui succéder, on pouvait légitimement penser qu'un autre grand ami du Chef de l'Etat, le judoka David Douillet, nommé en mars secrétaire national à la vie sportive de l'UMP, aurait à son tour droit de passer de la sphère des sports aux ors de la République... Ce ne sera pas le cas.

En nommant Rama Yade, dont le Secrétariat d'Etat aux Droits de l'Homme ne lui survivra pas, le président de la République semble, pour bon nombre d'observateurs, sanctionner son ex-favorite coupable d'avoir refusé en dernier lieu d'être tête de liste en région Ile-de-France pour les élections européennes 2009 après plusieurs dérapages répétés, en tout cas considérés comme tels. De ses critiques directes lors de la venue du colonel Khadafi en visite officielle à Paris, en 2007, à ses déclarations à l'emporte-pièce, mais courageuses, lors des JO de Pékin, la ministre rebelle, comme on l'a surnommée, a défrayé la chronique gouvernementale et agacé au plus haut point l'Elysée, qui en la nommant aux Sports la "placardiserait"...

Laporte, pauvre bilan

Une vision des choses que ne partage pas cette jeune femme à poigne de 32 ans, au franc-parler affirmé. A l'heure de la passation de pouvoir avec Bernard Laporte, celle dont le président Sarkozy a fait un symbole de la diversité, n'a laissé transparaître aucune amertume: "C'est avec sérieux et enthousiasme que je prends mes nouvelles fonctions de secrétaire d'Etat chargé des Sports". Au micro d'Europe 1, un peu plus tôt, elle avait déjà fait preuve d'un bel enthousiasme: "Ma peau est sauve puisque j'occupe l'un des plus beaux portefeuilles puisque vous vous adressez à 65 millions de Français (...) Il y a aussi des enjeux économiques considérables, un vrai budget de près de 700 millions d'euros ainsi que les questions du handicap, du dopage, des paris sportifs, la question des infrastructures. Il y a également des événements exceptionnels comme le Tour de France cycliste et la prochaine Coupe du monde de football en Afrique du Sud."

Dans les murs de son nouveau ministère, cette diplômée de Sciences-Po en a profité pour remettre également au passage à sa place, non sans humour, l'éditorialiste Alain Duhamel qui, sur les ondes de RTL un peu plus tôt dans la matinée avait évoqué la punition infligée à la désormais ex-secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme. "J'ai envie de dire: « Taisez-vous M. Duhamel ». De grands noms ont été secrétaire d'Etat aux Sports."

On doute, pour tout dire, très fortement que Bernard Laporte entre dans cette catégorie. La passion brandie comme un étendard par celui que l'on surnommait du temps de sa carrière de sélectionneur « Bernie le dingue » n'aura pas compensé ses lacunes criantes et même parfois grossières, malgré un aréopage de conseillers dépêché à ses côtés pour l'encadrer. Comme lorsqu'une caméra amateur le mettra devant ses contradictions au lendemain des sifflets durant la Marseillaise avant le match opposant la France et la Tunisie, au Stade de France (*). Ce qui ne l'empêchera pas de déraper pour de bon en croyant nécessaire de préciser, avec son élégance coutumière, sur le plateau de l'émission Stade 2 qu'il n'était "pas le père de l'enfant de Rachida Dati". De belles déclarations d'intention sur le dopage ou le racisme, de l'enthousiasme à revendre à Pékin, durant les Jeux, où il anima le club France à la manière d'une troisième mi-temps, et une proximité avec les athlètes non feinte auront entretenu les apparences. La tutelle de sa "grande amie" Roselyne Bachelot, Ministre de la santé, dont il dépendait, aura fini de restreindre son champ d'action, comme l'étroitesse de sa marge de manoeuvre avec un budget en net recul. Quand ce n'est pas le Premier Ministre, François Fillon lui-même, qui l'aura encore récemment court-circuité sur le dossier du Grand Prix de France de Formule 1.

Yade: "Je passe d'une famille à l'autre mais avec les mêmes valeurs"

Au seul dossier majeur traité par Laporte aura correspondu une levée de bouclier quasi-unanime de la part du monde sportif. Une réforme du sport de haut niveau, basée sur une réduction drastique des aides en direction des jeunes, la priorité en termes de ressources donnée à une certaine élite des athlètes ou encore la fermeture annoncée de certains régionaux d'éducation physique (CREPS). Autant de motifs de confrontation entre le Ministère et les fédérations, jusqu'à la prise de position, aux allures de désaveu, du nouveau président du CNOSF, Denis Massiglia.

Un terrain que Rama Yade devra déminer à l'heure de la reprise d'un dossier resté au point mort. Mais pour l'une des personnalités politiques préférées des Français, il existe une passerelle entre Droits de l'Homme et Sports: "Je passe d'une famille à l'autre, mais avec les mêmes valeurs. A travers le sport, la famille olympique, les valeurs qui accompagnent le sport sont aussi celles des Droits de l'Homme", dit-elle en prenant pour exemple l'équipe de football iranienne, qui prend part à la contestation contre Mahmoud Ahmadinejad. Elle précise d'ailleurs: "De toute façon, la lutte continue..."

Toutel'actualité

Plus d'articles