Des cadres pas dynamiques
Bernard Amsalem, le président de la FFA, avait fixé avant les JO de Pékin un objectif de deux à quatre médailles. Seul Mahiedine Mekhissi-Benabbad, deuxième du 3 000 m steeple, a pu monter sur le podium mais ce résultat inespéré n'efface pas les contre-performances de cadres comme Diniz, Arron, Baala ou Mesnil, sans oublier celles des relais.
Baala, 4e du 1 500 mètres à Pékin (Reuters).
La faute d'abord à des leaders qui n'ont pas su ou pu assumer leur niveau, comme souvent, hélas, dans les grands rendez-vous. Yohann Diniz ne s'attendait évidemment pas recevoir un tel coup de massue quand il dut se rendre à la triste évidence de l'abandon dans le 50 km marche. Le vice-champion du monde n'avait pourtant cessé de clamer sa bonne forme et son optimisme pour transformer le rêve olympique en réalité. La chute n'aura été que trop dure avec cet abandon au 35e kilomètre.
Clavier sauve la perche
Des larmes, Mehdi Baala n'en aura pas versées certainement trop en colère contre lui-même. Pour n'avoir pas pu suivre la première franche accélération dans la finale du 1 500 m, le Strasbourgeois s'est retrouvé contraint de lancer un sprint final titanesque. Si le coup n'est pas passé loin, quatrième à cinq centièmes du Néo-Zélandais Nicholas Willis, le mot échec n'est pas de trop. Baala devra patienter quatre ans pour entrer dans l'histoire olympique. Il aura alors 34 ans... Au rayon des autres déceptions, on retiendra celle des quatre relais, garçons comme filles, incapables de se qualifier pour la finale.
Au delà de chronos insuffisants, la politique menée à la FFA concernant les relais, pas toujours cohérente, explique également ce douloureux constat comme le laissait entendre Chevallier (Lire l'article). Celui de Christine Arron, sortie en quarts de finale du 100 m, symbolise le mal français, principalement une question de mental. "Je suis déçue parce que mes courses ne correspondent ni à ce que je ressens ni à ce que je fais à l'entraînement", déclara-t-elle après son élimination. Si ses départs avaient été un peu meilleurs, la finale était largement envisageable. Un constat difficilement applicable pour Romain Mesnil, sans grande sensation dans son concours à la perche. Au contraire de Jérôme Clavier.
Djhone, retour d'enfer
Le perchiste de Chambray-les-Tours aura réussi ces premiers Jeux Olympiques avec une 7e place (5,60 m). Et que dire de Mahiedine Mekhissi-Benabbad. Le Rémois s'est mis à la hauteur des Kényans pour décrocher une médaille d'argent aux parfums dorés sur le 3 000 m steeple. Une place que personne n'attendait véritablement. Le décathlonien Romain Barras aura égalé quant à lui la performance de Motti et Plaziat, respectivement 5e aux JO de Los Angeles (1984) et Séoul (1988). Ladji Doucouré et Leslie Djhone se trouvent eux entre rage et satisfaction. Le hurdleur de Juvisy était inconsolable dans les bras de sa compagne après une quatrième place, alors qu'il sentait le podium abordable.
Mais après deux dernières saisons gâchées par des blessures, sa prestation sur ces Jeux a remis le double champion du monde 2005 dans le gotha du 110 m/haies. Ce qui était difficilement envisageable il y a encore quelques semaines. Même constat pour Djhone, gêné par une lésion à la cuisse droite après quelques mètres en finale, et qui terminera cinquième. Le même classement obtenu l'année dernière aux Mondiaux d'Osaka. Faute d'avoir titiller les deux monstres, Wariner et Merritt, Djhone aura au moins tenu son rang malgré la blessure.





Réussir
son footing
