Sow, l'argent la tête haute
Il n'y aura pas de médaille d'or pour la boxe tricolore. Au terme d'un combat superbe de courage, Daouda Sow a dû s'incliner dimanche en finale des -60 kg face au Russe Alexey Tischenko, vainqueur 11-9. Le Nordiste, qui aurait mérité mieux, notamment dans la dernière reprise, se contente donc de l'argent. La boxe tricolore repart tout de même de Pékin avec un bilan historique.
Daouda Sow se contente de l'argent dans la catégorie de -60 kg. (Reuters)
"Je suis déçu, j'aurais dû en faire plus, soulignait, étonnant de lucidité, Daouda Sow quelques minutes après le combat, au micro de Canal Plus. J'ai mis du temps à démarrer, je le paie cash." Effectivement, au cours des deux premières reprises, le Tricolore est trop sur la défensive. Ne parvenant pas à trouver sa distance, il laisse ainsi Alexey Tischenko s'approcher et distiller ses coups tout en précision. Le Russe s'échappe au score et atteint la mi-combat nanti de 3 points d'avance (7-4). Logique.
A la reprise, Daouda Sow rectifie le tir. Faisant parler son gauche, qui lui a apporté la grande majorité de ses points dans ce tournoi olympique, le Français recolle. Mais à l'expérience, le Russe commence à truquer, et parvient à garder deux points d'avance. Au moment ou débute le quatrième et dernier round, tout reste possible. Intelligemment, Daouda Sow ne se jette pas dans le combat et fait preuve de patience. Sur une nouvelle gauche, il recolle à un point (9-10). Survient alors une empoignade. Le Français semble toucher, mais le point est attribué à son adversaire. Une décision litigieuse qui change tout. Car le combat s'achève sur ce score de 11-9 pour le Russe.
Frustration pour la boxe française
Une nouvelle fois, la boxe française pâtit de décision discutable. D'autant que tout le long de la dernière reprise, Alexey Tischenko s'est jeté tête en avant pour jouer la montre. L'arbitre n'a pourtant adressé ses remontrances qu'au Français, lui reprochant d'appuyer avec son bras sur la nuque de son adversaire. Un comble, à tel point que l'on crût bien un moment que le cauchemar Vastine allait recommencer. Le représentant français des -64 kg, largement au-dessus de son adversaire en demi-finale, avait été victime de deux pénalités scandaleuses adressées par l'arbitre de son combat. "C'est un des gros points noirs de notre sport. Ils sont arbitres, ils ne sont pas comme nous à courir, à suer, à prendre des coups tout au long de l'année. Mais bon, l'être humain est comme ça", philosophait Daouda Sow à la fin de son combat.
N'empêche. La boxe française, qui ramène trois médailles, soit son meilleur bilan depuis 1920 et les Jeux olympiques d'Anvers, repart forcément de Pékin avec une certaine frustration. Celle de ne pas avoir goûté au plus précieux des métaux. Dominique Nato, le Directeur technique national, qui quitte son poste après quatre olympiades de bons et loyaux service, l'aurait sans aucun doute mérité.





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