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Transferts
Le 02/07/2009 à 09:39 Par AXEL CAPRON
De Sports.fr
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Lyon, la peur du vide...

Dépossédé de son titre de champion de France après sept ans de règne par Bordeaux, l'Olympique Lyonnais a perdu en un mois deux de ses joueurs emblématiques, Juninho et Karim Benzema, dont l'annonce du transfert au Real a été officialisée mercredi, suivie jeudi matin de celle de Keita à Galatasaray. Certes, les dirigeants possèdent désormais les moyens de recruter, mais du côté des supporters, il y a sans doute matière à s'inquiéter...

Juninho et Benzema, deux symboles ont quitté Lyon (Reuters). Juninho et Benzema, deux symboles ont quitté Lyon (Reuters).
L'annonce aura été brutale et aura sans doute laissé abasourdis ceux qui s'étaient laisser bercer par les promesses du principal intéressé et du club de lier pour une saison encore leurs destins. En confirmant mercredi en fin d'après-midi le départ au Real Madrid de Karim Benzema, les dirigeants de l'OL ont provoqué un mini-séisme, tant le meilleur buteur de Ligue 1 de la saison 2007-08 semblait le symbole de la capacité du club à conserver ses meilleurs éléments et donc à rester compétitif tant en France que sur le front européen. Et si le joueur avait tenu très tôt, dès mars, à faire taire les rumeurs de départ en annonçant son intention de rester au moins jusqu'en juin 2010 dans la capitale des Gaules, une première brèche s'était ouverte en fin de saison lorsque son président Jean-Michel Aulas avait déclaré: "Il est chez nous, mais personne ne sait ce qui va se passer. À l'époque on ne pensait pas que Michael Essien partirait, mais quand Chelsea est arrivé avec le chèque... Si Manchester qui, comme on le sait, a fait de grandes rentrées d'argent, se présente pour acquérir Benzema, on fait quoi ? Le marché a été faussé parce que certains clubs européens n'ont pas de DNCG et font ce qu'ils veulent..."

Des propos prémonitoires, même si ce n'est pas Manchester, mais le Real qui a fini par empocher le gros lot en acceptant de verser 35 millions (qui pourraient passer à 41 selon les bonus contractuels) pour acquérir jusqu'en juin 2015 l'attaquant rhodanien. Une somme conséquente, même si MU semblait disposé à mettre plus sur la table, pour un départ auquel, selon Claude Puel, interrogé mercredi soir sur le site du club peu après l'officialisation du transfert, l'OL ne pouvait décemment s'opposer: "Les choses se sont accélérées dans les dernières vingt-quatre heures. C'était une opportunité pour lui, le club a décidé de répondre à son attente. Tous les aspects, qu'ils soient sportifs et économiques, ont été pris en compte. On a pris le temps de bien peser tout ce que la perte de Karim entraînait, il fallait prendre une décision assez rapide et définitive." Et le coach rhodanien de poursuivre: "Le Real Madrid a déclenché un jeu de chaises musicales. On savait que l'on possédait en Karim un joueur qui pouvait à tout moment être sollicité."

Le forcing pour Gignac

Ce départ laisse cependant un trou béant dans une équipe déjà orpheline depuis fin mai d'un autre symbole de la glorieuse décennie passée, Juninho. Certes, le Brésilien, âgé de 34 ans, était clairement en bout de course, contrairement à Benzema, mais les départs des deux hommes, auxquels est venu s'ajouter jeudi matin celui d'Abdelkader Keita à Galatasaray (il a signé trois ans), ont de quoi inquiéter des supporters déjà échaudés par la perte du titre et une fin de saison plutôt morose. Des inquiétudes que dirigeants et membres du staff technique souhaitent apaiser au plus vite, promettant un recrutement à la hauteur de la somme obtenue du transfert de Benzema, dont le successeur est activement recherché: "Il faudra le remplacer numériquement mais également en termes de qualité et on s'y emploie, poursuivait Claude Puel mercredi. Des situations vont se décanter dans les prochaines heures. Avec le départ de Karim, il est d'autant plus important pour nous de recruter, on s'y attelle."

La piste la plus chaude mène toujours à l'Argentin de Porto, Lisandro Lopez, mais les tractations durent maintenant depuis presque un mois sans que le dossier, lié à celui de Lucho Gonzalez, qui va signer à l'OM, n'ait abouti. De quoi s'inquiéter ? "On y travaille, commente Claude Puel. Mais on a d'autres pistes dans le cas où il ne nous rejoindrait pas. L'important, c'est qu'on puisse se renforcer et apporter un plus à ce groupe qui est déjà de qualité. Il y a chez les supporters une inquiétude qui est légitime puisqu'on n'a pas encore recruté et qu'on perd ce soir (mercredi) notre meilleur élément. Mais le départ de Karim ne doit pas occulter les ambitions du club. Il faudra très vite assembler le puzzle et développer un collectif en prévision d'un mois d'août très chargé."

Les autres pistes évoquées par Puel ? L'OL tente toujours de faire revenir Loïc Rémy de Nice, mais même auréolé de premières convocations en équipe de France et d'une bonne première saison sur la Côte d'Azur, ce dernier fera a priori difficilement oublier Benzema auprès de supporters qui attendent légitimement du clinquant. Aussi les dirigeants semblent-ils décidés à faire le forcing pour tenter de débaucher le meilleur buteur de ligue 1 de la saison passée, André-Pierre Gignac. L'intéressé, qui s'est récemment inquiété de voir Cédric Carrasso filer à Bordeaux, joue pour l'instant la carte de la fidélité à Toulouse où son président Olivier Sadran ne veut de toute façon pas entendre parler d'un départ. Même si Lyon y met le prix fort ? Après tout, Benzema devait lui aussi rester en France... La piste menant au Néerlandais du... Real, Klaas-Jan Huntelaar, semble, elle moins chaude, plus en raison du choix de l'intéressé, qui préfèrerait rester en Espagne ou aller en Italie (l'AC Milan et la Roma seraient sur les rangs), voire en Angleterre (Tottenham ? Manchester United ?), que d'un quelconque obstacle financier, les relations entre l'OL et le Real étant au beau fixe. Bref, les dirigeants rhodaniens ont du pain sur la planche pour redonner un peu de baume au coeur à des supporters qui auront décidément vécu une année bien mouvementée...

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