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Ligue 1
Le 18/06/2009 à 08:42 Par Régis AUMONT
De Sports.fr
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Marseille, et maintenant ?

Jeudi matin, tout Marseille ou presque s'est réveillé avec la gueule de bois. Digérer la démission de Pape Diouf, qui n'a pas accepté la veille les conditions imposées par l'actionnaire majoritaire du club Robert Louis-Dreyfus, risque de prendre du temps pour les supporters marseillais. Surtout, le club, dont le nouveau président sera dévoilé dans les prochains jours, s'offre une crise bien superflue.

Dreyfus et Anigo travailleront désormais sans Diouf. (La Provence) Dreyfus et Anigo travailleront désormais sans Diouf. (La Provence)
A Marseille, la nouvelle a fait l'effet d'une bombe. Si les bruits de couloir faisaient état depuis quelques jours du possible retrait de Pape Diouf, en conflit ouvert avec Vincent Labrune, le président conseil de surveillance de l'Olympique de Marseille, mais aussi d'Eric Soccer, la holding qui chapeaute la SASP OM, tout le monde n'osait croire à l'impensable. Et pourtant, après cinq années de bons et loyaux services, certes non couronnées de titres, mais durant lesquelles le club phocéen a été remis sur les bons rails avec une stabilité suffisamment rare pour être souligné, Pape Diouf a annoncé dans la soirée de mercredi, après avoir rencontré son patron Robert Louis-Dreyfus dans l'après-midi à Zurich, puis s'être entretenu à Marseille en compagnie notamment de José Anigo, qu'il quittait bien le navire. Maintenu à son poste sous conditions, l'ancien journaliste a préféré démissionner.

A peine répandue, l'information a donc mis Marseille sens dessus-dessous. Très respecté de tous, Pape Diouf, qui avait même fait l'objet d'une pétition de soutien "Touche pas à mon Pape", relayée sur le réseau social Facebook, s'était fait une place dans le coeur des supporters marseillais. Michel Tonini, vice-président du club des Yankees, a ainsi haussé le ton sur les ondes de RMC. "On n'ose même pas y croire. La consternation règne et on va attendre que le communiqué soit suivi d'acte. Robert Louis-Dreyfus donne les pleins pouvoirs à Didier Deschamps mais il ne nous la fait plus. Deschamps est viré mais il ne sait pas encore. Ça se fera dans un ou deux ans, quand il aura pris trop de place. RLD et la tribu de lèche-culs qui l'entoure sont nocifs à l'OM. Avant Pape, il ne faisait que combler les déficits pour sauver le club de la banqueroute. (...) L'OM est une danseuse que Louis-Dreyfus n'a pas réussi à faire entrer dans son lit. Il doit laisser la place à des gens qui auront peut-être moins d'argent mais plus de compétence."

RLD doit faire vite et bien

Quelques semaines après l'annonce du retrait d'Eric Gerets, lequel aurait pourtant bien aimé poursuivre l'aventure avec l'OM, ce nouveau départ clos la belle histoire orchestrée par le triumvirat Diouf-Gerets-Anigo, qui faisait l'unanimité dans les travées du Vélodrome. Un dénouement en eau de boudin, une page de l'histoire du club s'est tournée hier et il va désormais falloir que les premières lignes de la suivante s'écrivent.

A un mois et demi de la reprise de la Ligue 1, en pleine période de mercato estival, l'OM n'a donc plus de président. Antoine Veyrat, directeur général du club, va assurer le poste par intérim en attendant la nomination d'un nouveau président dans les prochains jours. Et là Robert Louis-Dreyfus, l'homme qui a sorti 220 millions d'euros de sa poche pour le club dont il est l'actionnaire principal depuis 1997, n'a pas intérêt à se planter. Après avoir mis fin, certes à contre coeur, à sa collaboration avec Pape Diouf, dont les phrases assassines à l'encontre de Vincent Labrune, relayées par la presse ces derniers jours, ne pouvaient rester sans suite, l'homme d'affaires suisse est devenu la cible des supporters. Plus rien ne lui sera pardonné.

Et pour lui le temps presse. Le successeur de Pape Diouf qu'il doit trouver risque dans un premier temps de souffrir d'impopularité tant les Marseillais comptent faire entendre leur mécontentement. Le nouvel homme fort de l'OM devra aussi composer avec José Anigo, qui après avoir lié son avenir à celui de Diouf devrait finalement accepter de continuer l'aventure, et Didier Deschamps, l'entraîneur qu'il n'aura donc pas choisi. L'ancien capitaine de l'équipe de France, qui sera intronisé officiellement lundi prochain, pourrait d'ailleurs voir son pouvoir étendu à la manière des managers anglais. Au lendemain du départ de Pape Diouf, beaucoup de questions restent en suspens. RLD va devoir très vite apporter des réponses.

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