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Euro 2008
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Le 01/07/2008 à 19:01 Par AXEL CAPRON
De Sports.fr

L'Abécédaire de l'Euro

Débuté le samedi 7 juin à Bâle par la défaite de la Suisse face à la République tchèque, l'Euro 2008 s'est achevé le dimanche 29 à Vienne par le sacre de l'Espagne, qui a eu raison en finale de l'Allemagne (1-0) avant de s'offrir un retour triomphal lundi à Madrid. De A à Z, revivez cet Euro 2008 organisé en tandem, comme le prochain, en 2012 (Ukraine et Pologne).

Ballack et Löw n'auront pas démérité, mais le titre leur échappe encore (Reuters). Ballack et Löw n'auront pas démérité, mais le titre leur échappe encore (Reuters).
Allemagne. Le vieil adage footballistique qui dit qu'"à la fin, c'est toujours l'Allemagne qui gagne" a encore pris du plomb dans l'aile. Depuis 1996 et le troisième titre européen de son histoire, la Mannschaft n'a plus gagné de titre. Battus par la Croatie en quarts de finale de la Coupe du monde 1998, finalistes 2002 et troisièmes en 2006, les Allemands, après deux Euro «blancs» (éliminations au premier tour en 2000 et 2004), sont encore parvenus à se hisser en finale. Mais face à un adversaire résolument tourné vers l'offensive, l'équipe de Joachim Löw, plutôt heureuse en demi-finale contre la Turquie (3-2), a affiché ses limites, son quatuor Ballack-Schweinsteiger-Podolski-Klose n'étant pas parvenu à peser sur le match. Certes, la Mannschaft n'a pas raté son rendez-vous austro-suisse, mais sa réputation de «tueuse de sang-froid» commence à être usurpée.

Blessures. Une fois de plus, les blessures auront joué un rôle non négligeable lors de cet Euro. En déclarant forfait juste avant l'ouverture de la compétition, l'Italien Fabio Cannavaro avait donné le ton, l'infortuné attaquant suisse Alexander Frei lui emboîtera rapidement le pas en quittant la compétition au bout de 45 minutes. Dans le domaine, la France aura tenu le haut du pavé avec la rocambolesque affaire Vieira, retenu pour finalement ne pas jouer le moindre match, triste répétition du feuilleton Zidane en 2002, mais également celle de Ribéry contre l'Italie, point de départ d'une soirée cauchemardesque. La palme de l'équipe la plus malchanceuse revient à la Turquie, qui s'est présentée en demi-finale privée de quatre joueurs majeurs (Nihat, Emre, Servet, Güngor). Et quand on sait que Volkan, Asik, Tuncay, Arda étaient suspendus, c'est quasiment l'équipe-type qui était sur le flanc...

Casillas. En stoppant deux tirs au but italiens en quarts de finale, Iker Casillas a remporté son duel à distance avec Gianluigi Buffon. Champion d'Espagne, le portier du Real peut être considéré à l'issue de cet Euro comme l'officieux meilleur gardien du monde, titre jusque-là accolé au dernier rempart de la Squadra Azzurra. Toujours aussi fort sur sa ligne «San Iker» rassure en plus par sa présence dans les airs, comme en finale où il a su faire preuve d'autorité pour repousser des poings les rares centres allemands. A 27 ans, Casillas est au sommet de son art.

Domenech. Partira, partira pas ? La balance penche clairement en faveur du maintien de Raymond Domenech, soutenu par une bonne partie de ses joueurs. On ne peut pas dire pour autant que le bilan sportif plaide pour lui: mauvaise gestion du cas Vieira, remplacements discutés (les entrées de Gomis notamment), tâtonnements au moment de composer son onze de départ et surtout stratégie défensive qui a fait son temps, le sélectionneur est en partie responsable du fiasco tricolore. Sa communication laisse aussi clairement à désirer, n'est-ce pas Estelle?

Equipe-type. Sans surprise, l'équipe-type du tournoi est composée en grande partie de joueurs espagnols. Casillas dans les buts, Marchena et Puyol en défense, Senna, Xavi, Fabregas, Iniesta au milieu, Torres et Villa en pointe, les Ibères sont partout. Parmi les joueurs retenus dans les 23 par l'UEFA, l'Italie compte un représentant (Buffon), les Pays-Bas deux (Van der Sar, Sneijder), le Portugal deux (Bosingwa, Pepe), l'Allemagne trois (Lahm, Ballack, Podolski), la Russie quatre (Zhirkov, Zyryanov, Arshavin, Pavlyuchenko), la Croatie un (Modric), tout comme la Turquie (Altintop). Et la France ?

Fiasco France. Vice-championne du monde en titre, la France était considérée avant cet Euro comme la favorite, elle est tombée de très haut. Après une préparation en ordre dispersé et la blessure de Vieira, la France s'est bien malgré elle distinguée en disputant face à la Roumanie le pire match de la compétition, achevé sur un seul tir cadré (0-0). La suite ? Une déroute historique face aux Pays-Bas (4-1), un match mal embouché face à l'Italie (2-0), et une piteuse sortie qui rappelle celle du Mondial 2002. A l'époque, Roger Lemerre avait été remercié...

Grèce. Quatre ans après son inattendu sacre, la Grèce faisait une nouvelle fois figure d'épouvantail de cet Euro 2008, d'autant qu'elle avait confirmé en réussissant un parcours sans-faute en éliminatoires. Comme la France, elle est tombée de haut. La méthode ultra-défensive d'Otto Rehhagel a clairement fait son temps (le succès de l'Espagne en sera une preuve supplémentaire), les Hellènes ont quitté la compétition avec le pire bilan comptable des seize équipes engagées, à savoir un zéro pointé, trois défaites et un petit but marqué. Le «Roi Otto» garde cependant la confiance du peuple grec.

Hiddink. A 61 ans, Guus Hidddink a une nouvelle fois justifié sa réputation de «sorcier». Après avoir mené la Corée du Sud en demi-finale de la Coupe du monde 2002 puis l'Australie en huitièmes en 2006 (et encore, son élimination face à l'Italie a été très contestée...), le Néerlandais a une nouvelle fois fait la preuve de sa capacité à diriger une sélection avec une place de demi-finaliste pour la Russie. Surtout, il aura apporté un vent de fraîcheur sur la compétition, avec un jeu offensif de grande qualité sous la houlette du génial Arshavin. Ne manquait qu'un zeste d'expérience à cette équipe russe promise à un bel avenir...

Italie. Championne du monde, la Squadra Azzurra aura vécu un bien étrange Euro. Etrillée en ouverture par les Pays-Bas (3-0), miraculée et sauvée par Buffon face à la Roumanie (1-1), retrouvée face à sa «vieille ennemie» française (2-0), l'Italie sera finalement tombée face au futur vainqueur, l'Espagne, à l'issue des tirs au but. Une sortie loin d'être honteuse mais qui reflète le niveau d'une Squadra vieillissante, handicapée en outre par l'absence de son capitaine Cannavaro et la maladresse de son attaquant-vedette Toni. Roberto Donadoni, à qui l'objectif des demi-finales avait été fixé, a payé l'échec, remplacé par celui à qui il avait succédé, Marcello Lippi !

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