Bordeaux, tel un champion
Le championnat de France n'est toujours pas joué à deux journées de son terme. Dimanche soir au Vélodrome, Bordeaux a pris le meilleur sur l'OM au terme d'un match renversant, ponctué sur la marque de 2-1 alors que les Olympiens menaient à la pause grâce à une réalisation opportuniste de Niang. Buteurs dans les dix dernières minutes, Wendel et Ducasse permettent ainsi aux Girondins de revenir à deux longueurs de Lyon au classement. Les Marseillais perdent quant à eux du terrain sur Nancy dans la course à la Ligue des Champions.
Malgré le but de Niang, Bordeaux a imposé sa loi à Marseille. (Nice Matin)Titre national ou qualification pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions en ligne de mire, les deux formations abordaient pourtant timidement les débats, comme pétrifiées par l'enjeu, tandis qu'un coup franc rentrant d'Alonso (6e) ou un tir trop écrasé de Cissé (7e) seuls donnaient un semblant de frisson au Vélodrome dans le premier quart d'heure. Plus indigent encore, le second tiers du premier acte accouchait néanmoins d'un petit miracle: une rencontre intense et riche en suspense.
Mandanda retrouve la classe internationale
Passées trente minutes tant indécises que soporifiques, le poteau trouvé par Niang sur une tête décroisée consécutive à un centre au cordeau de Taïwo faisait office de gong (34e). L'affiche de la 36e levée du championnat débutait enfin, même si l'explication des chefs se cantonnait d'abord à l'entre-jeu. Comme souvent dans ces rencontres jouées à couteaux tirés et marquées par de brutales accélérations de rythme, l'approche de la pause s'avérait alors déterminante. Et totalement débridée.
Alors qu'Alonso, victime d'un Zubar aussi précis que réactif, manquait l'occasion de doucher le Vélodrome en oubliant Chamakh dans la surface olympienne, l'action qui s'ensuivait finissait par débloquer le tableau d'affichage, à l'autre bout du terrain. Si l'ouverture de Nasri semblait trop audacieuse pour que Niang se saisisse du ballon, Ramé, une nouvelle fois explosif dans les starting-blocks, se voyait surpris par son propre élan et laissait le buteur sénégalais filer vers sa 17e réalisation de la saison (1-0, 45e +1).
Secoués par cette punition et manifestement requinqués au retour des vestiaires, les Girondins s'efforçaient dès le coup d'envoi de refaire leur retard. Une farouche volonté illustrée par de multiples tentatives de débordement comme par de lointains essais dans l'axe. Seulement toute l'envie de Bordeaux se heurtait à un Mandanda impérial, admirablement suppléé au besoin par son capitaine, un Cana non moins impeccable. Moins en vue qu'à l'accoutumée lors de ces deux dernières sorties, l'ancien portier du Havre jouait ainsi pleinement son rôle de dernier rempart, intraitable sur sa ligne et dans les airs.
Bordeaux fait la décision dans le money time
Par deux fois il est vrai, Mandanda bénéficiait de la relative facilité des pointes bordelaises. Une aisance coupable que trahissaient le coup du foulard tenté en pleine surface par Cavenaghi (50e) ou la frappe du coup du pied d'un Obertan esseulé, quand un simple plat du pied semblait davantage indiqué pour trouver la faille (70e). Littéralement étouffés et acculés sur leur but une demi-heure durant, les Marseillais réagissaient tout juste en deuxième période par un contre mené et ponctué par Niang, lequel oubliait plus ou moins volontairement Cissé au centre en contraignant Ramé à la parade (47e). La dernière du gardien girondin qui rejoignait prématurément les vestiaires sur blessure (54e). Comme Micoud en première période (35e).
Cet acte manqué de Niang, les Olympiens, longtemps préservés par leur baraka et le talent de leur gardien, allaient finalement le regretter, certainement trop timorés pour prétendre avec aplomb à la victoire. Wendel se chargeait dans un premier temps de remettre les siens sur la voie de la réussite, d'un maître coup-franc enroulé que Mandanda ne pouvait qu'effleurer (1-1, 80e). Puis Ducasse assénait le coup de grâce aux Phocéens d'un missile décoché des 20 mètres qui ne laissait aucune chance à l'international tricolore (1-2, 90e +1). Avec les conséquences que l'on connaît, que l'on pressent ou que l'on redoute... selon les camps.





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