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Le 07/09/2008 à 18:49 Par LAURENT DUYCK
De Sports.fr
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Et Bourdais glissa du podium...

Neuvième sur la grille de départ, Sébastien Bourdais a réussi un envol parfait à Spa-Francorchamps pour tenir longtemps la cinquième place du Grand Prix de Belgique. La pluie a changé la donne en fin de course. Momentanément troisième à l'entame du dernier tour, le Français a finalement glissé au septième rang... Une grosse déception pour le Manceau qui aurait pu être le premier pilote tricolore sur un podium de F1 depuis 10 ans.

Bourdais pouvait légitimement viser mieux que sa septième place à Spa. (Reuters) Bourdais pouvait légitimement viser mieux que sa septième place à Spa. (Reuters)
Les fins de course ne sont décidément pas tendres avec Sébastien Bourdais. En piste à Melbourne lors de l'ouverture de la saison pour signer une exceptionnelle quatrième place à l'occasion de sa première course de Formule 1, le Manceau avait vu le moteur de sa monoplace l'abandonner à trois tours de l'arrivée pour finalement prendre une septième place méritoire. Six mois plus tard, et ce alors qu'il est engagé dans une opération séduction auprès de ses employeurs pour conserver sa place dans le baquet de la Toro Rosso la saison prochaine, le Français a de nouveau frôlé l'exploit en Belgique avant de voir ses rêves de podium prendre l'eau dans le dernier tour. La F1 est parfois cruelle, Kimi Räikkönen en conviendra sans problème...

Le week-end de Bourdais était jusqu'alors parfait en tout point. Heureux vendredi de constater que la piste de Spa-Francorchamps réussissait à une STR 3 d'habitude sous-vireuse, le quadruple champion de ChampCar avait su trouver les bons réglages pour réussir samedi sa meilleure séance de qualification de l'année. Neuvième sur la grille de départ après avoir notamment signé le meilleur temps de la Q1, performance qui valait bien une photo d'un des moniteurs de chronométrage installé dans le stand de l'écurie autrichienne par son épouse, Claire, le Sarthois pouvait espérer entrer dans les points dimanche. "Ce qu'il faut, c'est prendre un bon départ et accrocher le bon wagon (...) Au premier virage ici, c'est facile de prendre un plomb ou d'en mettre un. Je vais essayer de garder entier mon aileron avant et de faire une course propre, sans erreur", anticipait-il alors.

"C'est la loterie..."

Un scénario qu'il s'est appliqué à mettre en forme dimanche. Un «tampon» sur Jarno Trulli, lequel avait pris un départ canon, au premier freinage n'empêche pas le Français, bien placé à l'intérieur, de sortir en quatrième position du premier virage avant de se faire rapidement doubler par Fernando Alonso. Qu'importe, le rookie réalise une course parfaite, se permettant de tenir la dragée haute aux BMW de Robert Kubica et Nick Heidfled mais aussi à la Renault de Fernando Alonso qu'il devance sur la feuille des meilleurs tours en course (6e avec un tour en 1'49"002 dans la 31e boucle).

Seule la pluie viendra gâcher la partition sans fausse note de l'ancien protégé de Paul Newman aux Etats-Unis. L'entrée aux stands de Fernando Alonso dans l'avant-dernier tour pour chausser des pneumatiques adaptés et la sortie de piste de Kimi Räikkönen, piégé par cette même pluie, le feront grimper momentanément sur le podium. Mais, avec des gommes lisses sur une piste détrempée, le Français ne tiendra pas sa position, Heidfeld et Alonso, équipés de pneus idoines, mais aussi Sebastian Vettel et Robert Kubica le grillant avant le drapeau à damiers.

Septième sur la ligne, soit son meilleur résultat de la saison, Bourdais avait pourtant du mal à avaler la pilule au micro de TF1: "C'est la loterie, tout le monde se faisait dessus, tu perds la voiture à chaque coup de volant", constatait-il à propos des deux derniers tours. "Mais finalement c'est celui qui prend le plus de risques qui est récompensé. C'est le genre de situation que je redoutais, c'est terrible. Je ne suis pas dans une situation où je peux prendre des risques. Quand tu cherches à garder ta place, tu gères la situation différemment. Ça fait chier..." Contraint aux yeux de Gerhard Berger de faire ses preuves en cette fin de saison pour espérer continuer l'aventure avec Toro Rosso, le Sarthois n'a pas voulu prendre le moindre risque. La septième place est venue sanctionner la pression que lui infligent ses employeurs. Gageons que la démonstration du Français à Spa-Francorchamps aura fini de convaincre ces derniers...

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