Un Hamilton royal
Après deux courses blanches, Lewis Hamilton a renoué avec la victoire à l'occasion de son Grand Prix de Grande-Bretagne. Sous le déluge de Silverstone, l'Anglais a déjoué tous les pièges de la course pour s'imposer devant Nick Heidfeld et Rubens Barrichello et s'installer en tête du championnat du monde avec le même nombre de points que Felipe Massa et Kimi Räikkönen...
Hamilton (à g.) a construit sa victoire au départ. (Reuters)
Privé l'année dernière par Kimi Räikkönen d'un premier succès à domicile, Hamilton signe à Silverstone sa troisième victoire de l'année au terme d'une course disputée dans des "conditions extrêmes, semblables à celles du Mont Fuji l'année dernière", selon l'intéressé. Dix points qui lui permettent de virer en tête du championnat du monde à mi-saison avec... le même nombre de points que Felipe Massa et Kimi Räikkönen (48), ses deux principaux adversaires pour le titre mondial. Un scénario idéal dont le protégé de Ron Dennis a écrit les premières lignes dès le départ. Quatrième sur la grille, le pilote britannique saute d'entrée Kimi Räikkönen, placé à ses côtés, et Mark Webber, surprenant deuxième derrière le poleman, Heikki Kovalainen. Il faut toute la détermination de ce dernier pour garder la tête de la meute alors que Webber, Coulthard, Vettel et Massa, victime d'un dimanche noir, partent rapidement à la faute sur une piste détrempée.
Ferrari se trompe de stratégie
Cinq tours suffisent cependant à Hamilton pour déboîter dans Hangar Straight et déposer son coéquipier par l'intérieur au freinage de Stowe. En tête-à-queue à la chicane Abbey dans le dixième tour, le Finlandais laisse son compatriote, Kimi Räikkönen, s'élancer à l'assaut de son coéquipier pour une explication à haute vitesse. Un duel dont l'issue de jouera dans les stands qu'ils rejoignent de concert dans la 21e boucle. Mieux inspirée, McLaren prend la décision de changer les pneumatiques de la monoplace n°22 au contraire de la Scuderia Ferrari avec la voiture de son champion du monde. "On avait fait des simulations, on savait ce qu'il fallait utiliser", reconnaîtra après coup Hamilton. La suite lui donne raison, la pluie faisant son retour sur Silverstone après leur retour en piste.
Ces conditions extrêmes offrent un Grand Prix à rebondissements et de beaux dépassements à l'image de ceux réussis dans un même enchaînement (Luffield-Woodcote) par Heidfeld sur Glock (par l'extérieur) puis sur Alonso (par l'intérieur). Peu après la mi-course, la pluie redouble d'intensité, piégeant sans gravité Robert Kubica, alors troisième, et Raïkkönen, puis Piquet, contraint d'abandonner, et Hamilton dont le passage dans l'herbe ne l'empêche pas de conserver sa première place. Plus prompte à réagir que la concurrence, l'écurie Honda, sous la houlette de l'expérimenté Ross Brawn, chausse les pneus extrêmes sur la monoplace de Rubens Barrichello, lequel fond littéralement sur ses adversaires pour prendre la deuxième place à 17 tours de l'arrivée.
Bourdais transparent
Alors que Hamilton s'envole vers la victoire, la bataille fait rage pour les accessits, une lutte sans merci à laquelle ne prend pas part Kubica, coincé dans le bac à graviers dans le 40e tour. Heidfeld récupère sa deuxième place à la faveur d'un nouvel arrêt au stand de Barrichello. Installé au pied du podium, Kovalainen part une nouvelle fois à la faute et rétrograde au cinquième rang derrière Fernando Alonso et Räikkönen. L'Espagnol cède face à la F2008 n°1 dans le freinage de Stowe à sept tours du drapeau à damiers avant d'abandonner la cinquième place à l'autre Finlandais quatre boucles plus tard. Troisième à Magny-Cours, Jarno Trulli récupère in extremis les deux points de la septième place devant la Williams de Kazuki Nakajima.
A l'instar de Felipe Massa qui n'a jamais décollé de la queue du peloton, Sébastien Bourdais a traîné sa peine tout au long de la course. Le Français, qui espérait une éclaircie à Silvertone, n'a jamais profité des conditions de courses pour tirer son épingle du jeu. Treizième sur la grille de départ, le pilote Toro Rosso termine la course au 11e rang, au gré des abandons de ses adversaires. Une course sans relief pour Bourdais qui n'a pas réussi à prendre le relais de son coéquipier, Vettel, contraint d'abandonner rapidement.






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