L'Allemagne se détourne du vélo
Le cas positif de Stefan Schumacher et les malheurs de Gerolsteiner ont été les deux gouttes d'eau qui ont fait déborder le vase. Déjà très incisive lors du Tour de France 2007, l'Allemagne a décidé d'agir suite aux nouvelles affaires qui ont récemment secoué le monde du vélo. Jeudi, la fédération allemande et les organisateurs du Tour d'Allemagne et des Six jours de Stuttgart ont annoncé que ces épreuves n'auraient pas lieu l'an prochain. Et les chaînes de télévision ARD et ZDF ne retransmettront pas la Grande Boucle.
Stefan Schumacher a porté un nouveau coup dur au cyclisme allemand. (Reuters)
Disputée à cheval sur le mois d'août et septembre, la course à étapes d'une semaine inscrite au calendrier Pro Tour, si elle est en concurrence avec le début de la Vuelta, fait partie des rendez-vous importants de l'année. Son directeur, Kai Rapp, s'en est expliqué. "Le Tour d'Allemagne 2008 était le dernier. Nous regrettons de prendre cette décision mais les événements récents dans le monde du cyclisme professionnel ne nous permettent plus de commercialiser correctement cette épreuve et de la financer." Les nouvelles affaires de dopage, rendues publiques ces derniers jours, ne seront donc pas restées sans conséquence outre-Rhin. D'autant que la veille déjà, les organisateurs des Six jours de Stuttgart, compétition phare de la piste, avaient eux aussi annoncé l'annulation de la 26e édition censée se courir du 15 au 20 janvier prochains.
ASO s'offusque
Déjà privés de deux événements majeurs sur leur sol, les fans de vélo en Allemagne n'étaient pas au bout de leurs désillusions. Quasiment dans le même temps, les chaînes publiques de télévision ARD et ZDF signifiaient qu'elles ne retransmettraient plus en direct le Tour de France 2009, lassées de voir que les tricheurs continuent de faire la Une de l'actualité dans un sport gangréné par le dopage. Déjà très remontées en 2007 lorsque le contrôle positif de Patrik Sinkewitz avait été révélé sur les routes hexagonales, ce qui les avait poussées à couper l'image le temps d'une étape, les deux chaînes fidèles au Tour depuis des lustres ont pris conjointement leurs responsabilités, quitte à s'attirer les foudres de leurs téléspectateurs. Celles d'ASO également puisque dans la foulée, la société organisatrice du Tour, qui ne savait alors pas que la ZDF allait imiter ARD, se fendait d'un communiqué salé. "ARD demande qu'on lutte contre le dopage mais s'offusque lorsque l'on trouve des coureurs dopés. Il faudrait chercher et ne rien trouver. Nous regrettons le retrait d'ARD en songeant aux centaines de milliers d'allemands qui accueillent le Tour avec ferveur chaque fois que celui-ci franchit le Rhin."
Ces décisions qui seront forcément lourdes de conséquences confirment bel et bien que les responsables du cyclisme allemand veulent en finir avec les scandales. Les plaies ouvertes lors des révélations sur les icônes Jan Ulrich et Erik Zabel, ainsi que sur les troublantes pratiques au sein de la défunte écurie Telekom dans les années 90, ne sont toujours pas refermées. Le contrôle positif à la CERA de Schumacher et la dissolution de la formation Gerolsteiner, laquelle n'avait de toute façon pas réussi à trouver un repreneur avant les affaires Schumacher et Kohl, sont venus raviver le mal. Le cyclisme allemand s'en relèvera-t-il ?







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