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Tour de France
Le 16/10/2008 à 10:44 Par Régis AUMONT
De Sports.fr
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Kohl, l'aveu de faiblesse

Quelques heures après avoir été rattrapé par les analyses rétrospectives effectuées conjointement par les laboratoires de Chatenay-Malabry et Lausanne, Bernhard Kohl a avoué avoir eu recours à l'EPO de troisième génération lors du Tour de France. L'Autrichien, qui devrait être suspendu deux ans, a concédé en larmes devant la presse avoir cédé à la tentation.

Bernhard Kohl croyait que la CERA était indétectable... (Reuters). Bernhard Kohl croyait que la CERA était indétectable... (Reuters).
Depuis l'annonce lundi de sa positivité à l'EPO de troisième génération rendue publique mardi en début de soirée, Bernhard Kohl ne savait pas trop sur quel pied danser. Expliquant dans un premier temps ne pas trop comprendre ce qui lui arrivait, l'Autrichien a finalement décidé de ne pas prendre trop longtemps ses interlocuteurs pour des dindes. Et cela plus tôt que prévu même, puisque constatant mercredi soir que le site internet News.at avait devancé ses aveux qu'il devait livrer jeudi matin à Vienne, le meilleur grimpeur du Tour de France a avancé d'une nuit sa conférence de presse. Là, entre sanglots et tremblements, Kohl a livré sa vérité.

"J'ai commis une énorme erreur, confessa-t-il en lisant difficilement un texte écrit sur un bout de papier. J'ai cédé à la tentation. La pression était incroyablement forte. Je ne suis qu'un être humain, et dans cette situation exceptionnelle, j'ai fait preuve de faiblesse. Je dois maintenant vivre avec ça. C'est de ma faute. C'est un gâchis." Contrairement à trop nombreux de ses collègues, Kohl a donc privilégié la repentance aux mensonges. Son coéquipier de la désormais défunte formation Gerolsteiner Stefan Schumacher ferait bien d'en prendre de la graine.

"Je croyais que c'était indétectable..."

Entre deux crises de sanglots, il a ensuite expliqué pourquoi avoir triché. Selon lui, son recours à la CERA, cette EPO de troisième génération remonte au Dauphiné Libéré en juin dernier où une chute pendant le contre-la-montre était venue mettre un grain de sable dans préparation au Tour. "J'étais affaiblie. Mes analyses de sang n'étaient pas bonnes. C'est pour ça que j'ai pris de la CERA." Avant d'ajouter dans un grand élan de maladresse: "Je croyais que c'était indétectable... Depuis que j'ai appris qu'on pouvait la trouver, j'étais obligé de mentir. Ça a été des jours difficiles. Je veux être franc et faire table rase du passé." Son futur proche en tout cas devrait s'agrémenter de deux ans de suspension, si ce n'est plus, l'UCI ayant fait part hier de sa volonté de faire passer les peines de deux à quatre ans.

Comme l'équipe Quick-Step avec Schumacher, la formation Silence-Lotto, qui avait fait signer Kohl pour trois ans dans le but d'épauler Cadel Evans en montagne, peut elle se sentir lésée. Elle a néanmoins déjà annoncé que le contrat avec l'Autrichien était annulé. Sa carrière certainement mise entre parenthèses pendant vingt-quatre mois, Kohl, âgé de 26 ans, traînera lui quoiqu'il arrive ce triste épisode comme un boulet. Et ce jusqu'à la fin de ses jours.

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