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Tour de France
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Le 07/07/2008 à 17:42 Par PIERRE-GILLES HUOT
De Sports.fr

Un jour en Bleu

Les Français ont frappé un grand coup, lundi, lors de la troisième étape du Tour de France, disputée entre Saint-Malo et Nantes sur 208 km. Echappé avec William Frischkorn, Paolo Longo Borghini et Romain Feillu depuis le premier kilomètre, Samuel Dumoulin (Cofidis) est allé au bout de l'aventure. Feillu, de son côté, rafle le maillot jaune à Valverde.

Samuel Dumoulin pouvait exulter après sa victoire (Reuters). Samuel Dumoulin pouvait exulter après sa victoire (Reuters).
Il y aura eu du vent et de la pluie tout au long de cette troisième étape. Mais surtout un magnifique ciel bleu (factice) grâce à la démonstration de deux représentants français: Samuel Dumoulin et Romain Feillu. Le premier a porté haut les couleurs de Cofidis en s'offrant la première victoire d'étape française dans ce Tour de France 2008. Le second a apporté un immense rayon de soleil à son équipe Agritubel en enfilant le maillot jaune de leader. Un épilogue heureux pour ces deux hommes qui auront vécu avec l'Américain William Frischkorn (Garmin) et l'Italien Paolo Longo Borghini (Barloworld) une journée riche en émotions, en résistant tout au long de la journée au peloton emmené par Valverde.

"C'est un rêve de gagner une étape, expliquait ainsi Dumoulin au micro de France 2, avant que celle qui deviendra sa femme en octobre ne tombe dans ses bras. J'avais de bonnes sensations depuis le début de l'année, mais je n'avais pas de réussite. J'espérais que la malchance s'arrête. Avec cette victoire, mes échecs de cette année ne sont pas graves. Cette victoire récompense l'audace de Cofidis. On prouve la valeur de l'équipe. C'est une bonne dynamique."

Dès le premier kilomètre...

Du haut de son 1,59 m, Samuel Dumoulin a donc pris de la hauteur en prenant ses distances dès le premier kilomètre avec William Frischkorn, Paolo Longo Borghini et Romain Feillu. Dans des conditions difficiles, avec une route mouillée et un fort vent trois-quart face, les échappés comptaient un peu plus de 14 minutes d'avance, alors qu'il restait plus de 130 kilomètres de course.

Sur les routes de Bretagne, le peloton, grâce notamment aux équipiers d'Alejandro Valverde (Caisse d'Epargne), Filippo Pozzato (Liquigas), Kim Kirchen (Columbia) et Thor Hushovd (Crédit Agricole), ne tardait pas à refaire une partie de son retard. L'écart se réduisait ainsi à moins de 10 minutes après 110 kilomètres, les poursuivants gérant avec assurance leur retard. Avec des conditions plus clémentes, la pluie s'étant arrêtée, le peloton, désormais bien plus étiré, passait à la vitesse supérieure pour tenter de fondre sur le quatuor de tête, qui n'avait alors plus que 8'30 d'avance. Et pour ne rien arranger, William Frischkorn, Paolo Longo Borghini, Romain Feillu et Samuel Dumoulin étaient ralentis par une manifestation.

Un bras de fer avec le peloton

Avec un peu plus de 6'50 d'avance à 50 kilomètres de l'arrivée, les échappés tenaient bon, continuant leur bras de fer avec le peloton. Un temps inquiété par le groupe maillot jaune au vu des minutes concédées, le quatuor, grâce au gros travail effectué par Paolo Longo Borghini, maintenait la cadence, ne renonçant pas à aller au bout de l'aventure. « Jouable », affirmait ainsi avec espoir Francis Van Londersele, directeur sportif de Cofidis, au micro de France 2. Avec 5'19 d'avance à 25 km de la délivrance, les quatre hommes pouvaient y croire, Romain Feillu étant transcendé par l'éventuelle possibilité de revêtir le maillot jaune.

Vent dans le dos, à 4,8 km, les quatre hommes tenaient leur « victoire » sur le groupe maillot jaune, alors que Christophe Moreau avait le masque en se faisant distancer à l'arrière du peloton (il franchira d'ailleurs la ligne d'arrivée avec près de trois minutes de retard sur Valverde). Dumoulin, survolté, attaquait à 1,5 km de l'arrivée. Sous la flamme rouge, Feillu, avec ses qualités de vrai sprinteur, attaquait à son tour, avant que le coureur de Cofidis ait le dernier mot devant Frischkorn. Troisième, Feillu, pouvait se consoler avec le maillot jaune sur ses épaules. Un rêve pour celui qui a souffert d'une toxoplasmose en début de saison et qui avait déclaré avant le Tour ne pas avoir beaucoup d'autonomie, précisant qu'il misait tout sur la première semaine. La réussite est pour l'heure au rendez-vous et le ciel est bleu à Nantes.

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