Les 15 carats de « Federor »
A 27 ans, Roger Federer est définitivement entré dans l'histoire du tennis en devenant, dimanche, le seul recordman de titres en Grand Chelem. Plus fort que Pete Sampras, qu'il a dépassé dans la foulée de sa victoire d'anthologie face à Andy Roddick pour s'adjuger une sixième couronne à Wimbledon, le Suisse a simplement remporté depuis juillet 2003 quinze des vingt-cinq derniers Majeurs. Retour sur ces grands moments qui font de lui une légende vivante.
Le règne de Federer débute à WImbledon où il décroche son premier Majeur. (Reuters)
La légende est en marche
En seize participations à une levée du Grand Chelem, Roger Federer n'a jamais dépassé le stade des quarts de finale quand il débarque à Londres en 2003. Là, le petit génie annoncé va enfin éclore en remportant le tournoi sans perdre de set ni en demie ni en finale face à Andy Roddick et Mark Philippoussis. "C'est un grand soulagement", confesse-t-il alors. A 21 ans, il est le premier Suisse à gagner un Majeur.
Open d'Australie 2004 (bat Marat Safin 7-6, 6-4, 6-2)
Déjà au sommet
Seulement six mois après avoir ouvert son compteur, Federer met la main sur son deuxième titre du Grand Chelem à Melbourne en ne faisant qu'une bouchée de Marat Safin en finale. Un succès qui le propulse dans le fauteuil de n°1 mondial qu'il ne quittera plus pendant quatre ans et demi.
Wimbledon 2004 (bat Andy Roddick 4-6, 7-6, 7-5, 6-4)
Son premier doublé
Troisième finale et troisième Majeur remporté pour l'ancien joueur aux nerfs fragiles devenu en un an une véritable machine à gagner. Rien ne lui résiste sur le gazon londonien, même si Roddick lui donne du fil à retordre dans une finale interrompue par la pluie au troisième set. L'homme au bandeau réalise le doublé au All England Club.
US Open 2004 (bat Lleyton Hewitt 6-0, 7-6, 6-0)
Un 4 sur 4 inédit
En s'imposant pour la première fois aux Etats-Unis, le Bâlois devient le premier joueur de l'histoire à remporter ses quatre premières finales du Grand Chelem. Il réussit à l'occasion son premier « petit chelem » en infligeant deux 6-0 à Lleyton Hewitt en finale.
Wimbledon 2005 (bat Andy Roddick 6-2, 7-6, 6-4)
Comme Borg et Sampras
Tel Fred Perry, Björn Borg et Pete Sampras, Federer signe, après avoir battu Roddick en finale comme l'année précédente, son troisième titre consécutif à Wimbledon. Proche de la perfection sur gazon, le maître du circuit règne sur le temple du tennis tombé sous son charme.
En 2005, Federer vient à bout d'Agassi après une démonstration en finale. (Reuters)
Avec les compliments d'Agassi
Au sommet de son art, l'Helvète doit toutefois relever un défi de taille en finale où il croise Andre Agassi, soutenu par tout un peuple. Mais le Suisse met fin aux espoirs de l'Américain de glaner un dernier très grand titre pour devenir le premier joueur de l'ère Open à réussir deux années de suite le doublé Wimbledon-US Open. Lors de la cérémonie de remise des trophées, Agassi déclare: "De tous les joueurs que j'ai affrontés, c'est le meilleur !"
Open d'Australie 2006 (bat Marcos Baghdatis 5-7, 7-5, 6-0, 6-2)
Dans la douleur
Blessé à une cheville lors de l'intersaison, Federer n'est pas à son meilleur niveau quand il débarque à Melbourne. Il parvient néanmoins jusqu'en finale où il met fin au parcours exceptionnel de Marcos Baghdatis après avoir tout de même cédé la première manche. Le voilà déjà à sept titres du Grand Chelem.
Wimbledon 2006 (bat Rafael Nadal 6-0, 7-6, 6-7, 6-3)
Puissance 4
S'il reste en échec à Roland-Garros, où il vient d'atteindre sa première finale, Federer demeure imbattable à Wimbledon. Il va d'ailleurs prendre à Londres sa revanche sur Rafael Nadal qui vient de le battre sur la terre battue parisienne. On en est alors qu'aux premiers chapitres d'un duel de titans.
US Open 2006 (bat Andy Roddick 6-2, 4-6, 7-5, 6-1)
Son deuxième « petit chelem »
Comme en 2004, Federer réalise la prouesse de s'adjuger l'Open d'Australie, Wimbledon et l'US Open la même année. Tombeur du pauvre Andy Roddick pour la troisième fois en finale d'un Majeur, le n°1 mondial boucle sans doute sa saison la plus aboutie avec seulement cinq défaites dont quatre face à Nadal.
En Australie, en 2007, le Suisse remporte son 10e Grand Chelem. (Reuters)
21 sets joués, 21 sets gagnés !
L'Open d'Australie 2007 restera comme le meilleur cru de la cuvée Grand Chelem du champion. Le Suisse survole ses sept matches sans perdre le moindre set même si la résistance de Fernando Gonzalez en finale est homérique. En trois ans et demi, le Bâlois a levé dix coupes du Grand Chelem.
Wimbledon 2007 (bat Rafael Nadal 7-6, 4-6, 7-6, 2-6, 6-2)
Reçu 5 sur 5
Pour la deuxième année de suite face à Nadal le dernier dimanche de la quinzaine sur le Center Court, le quadruple tenant du titre éprouve toutes les peines du monde à faire plier l'Espagnol, en net progrès sur les surfaces rapides. Il est poussé pour la première fois de sa carrière à disputer un cinquième set dans une finale de cette importance. Le couperet passe près mais à la fin le Suisse réussit le quintuplé à Londres et rejoint Borg.
US Open 2007 (bat Novak Djokovic 7-6, 7-6, 6-4)
Le piège serbe ne se referme pas
En finale d'un Grand Chelem pour la dixième fois de suite, le maître des courts doit s'employer pour se défaire en finale de Novak Djokovic, passé à un point d'empocher les premier et deuxième sets. Mais toujours capable d'élever son niveau de jeu dans les moments clés, Federer s'en sort et boucle son troisième « petit chelem » en quatre ans.
US Open 2008 (bat Andy Murray 6-2, 7-5, 6-2)
Un an de disette
Dès le début de l'année, l'Helvète a perdu de sa superbe, handicapé dans les premiers mois pas les restes d'une mononucléose contractée à l'intersaison. Arrivé à New York en tant que n°2 mondial, dépossédé de son fauteuil de leader par Nadal qui vient de le balayer en finale de Roland-Garros et surtout de le renverser à Wimbledon à l'issue d'un match épique, Federer parvient à « sauver les meubles » en triomphant pour la cinquième fois de suite à l'US Open. Il devient le seul joueur à avoir gagné cinq fois deux Majeurs différents.
Enfin, en 2009, Federer triomphe sur la terre battue de Roland-Garros. (Reuters)
La terre enfin !
Certainement l'année où on l'attendait le moins triompher à Paris, le Suisse va enfin réussir à mettre la main sur le seul Majeur qui lui manquait. Et ce sans avoir à croiser le fer avec Nadal qui l'avait battu en finale des trois précédentes éditions. Pour parvenir à ses fins, et ainsi égaler les 14 Majeurs de Sampras, il domine sur la dernière marche Robin Söderling qui lui a facilité les choses en sortant l'Espagnol dès le quatrième tour. Federer devient le sixième joueur de l'histoire à avoir remporté les quatre levées du Grand Chelem.
Wimbledon 2009 (bat Andy Roddick 5-7, 7-6, 7-6, 3-6, 16-14)
Seul au monde
Impérial sur la route de la finale, seul Philipp Kohlschreiber lui a chipé une manche, Federer doit puiser au fond de lui-même pour priver encore une fois Roddick du titre à Wimbledon. Malmené par l'Américain, le Suisse s'impose 16-14 dans la cinquième manche en ayant réussi à prendre le service de l'Américain qu'une seule fois, lors du dernier jeu. Dans le temple du tennis, où Sampras a glané sept couronnes, le Suisse, qui redevient par la même occasion n°1 mondial, remporte son 15e titre du Grand Chelem, le sixième à Londres, six ans pile après avoir ouvert son compteur sur le même gazon. "C'est un moment incroyable dans ma carrière", confie celui que beaucoup voient comme le plus grand joueur de tous les temps.






Ces
Français en finale de Grand Chelem