Roger n'a pas fait d'erreur
Roger Federer s'est qualifié vendredi pour la finale du tournoi de Wimbledon aux dépens de Tommy Haas (7-6, 7-5, 6-3). Un mois après son sacre à Roland-Garros, le Bâlois s'offre ainsi une septième finale de rang à Londres, la 20e de sa carrière en Grand Chelem (record absolu). Dimanche, face à Murray ou Roddick, Federer aura l'occasion de faire d'une pierre deux coups: réaliser une performance inédite en d'adjugeant un 15e majeur tout en récupérant sa place de n°1 mondial.
Roger Federer a réalisé le match parfait face à Tommy Haas. (Reuters)
Si Tommy Haas ne déroge pas à la règle du circuit qui veut que Roger Federer lui soit bien supérieur au jeu des confrontations directes (9-2 avant cette demi-finale) - Rafael Nadal incarnant l'exception qui confirme cette règle - le bougre a en effet le mérite d'avoir toujours tenu tête au Suisse dans les oppositions majeures. Les trois précédents en la matière s'étant à chaque fois décantés en cinq sets, dont une fois en faveur du Hambourgeois, à l'Open d'Australie 2002, à l'époque où Haas, alors 9e mondial, devançait Federer au classement ATP.
Des balles de break au compte-goutte
Sans avoir pu être à ce point jusqu'au boutiste ce vendredi sur le Centre Court, l'Allemand a tout de même donné du fil à retordre au quintuple vainqueur du tournoi. Son redoutable service-volée lui ayant permis de faire jeu égal avec son adversaire deux sets durant. Passée la première manche remportée au tie-break par Federer après trois quarts d'heure d'intenses échanges (7-6(3)), il a ainsi fallu attendre que le Bâlois mène 5-4 dans le deuxième set pour entrevoir la première balle de break du match. Une exception alors écartée avec autorité par un service gagnant germanique.
Deux jeux plus tard pourtant, à 6-5, la deuxième balle de break de la rencontre était la bonne pour le Suisse. Et pesait d'autant plus lourd qu'une fois convertie, elle permettait à l'intéressé de se détacher au tableau d'affichage, avec désormais deux sets d'avance (7-5). Dès lors, les débats étaient pliés. Tandis que Roger Federer brillait par sa constance, bien servi par une première balle impeccable et ses 88% de réussite au filet (38 points conquis sur 43 assauts), Tommy Haas perdait ses nerfs, sa réussite en passing et ses velléités offensives. Un contraste qui se traduisait fatalement au score à partir de 3-3 dans le troisième acte.
Après Lendl, Sampras ?
Comme conscient de l'impossible tâche qui lui incombait désormais - remonter deux sets à un Federer en état de grâce - le Hambourgeois cédait une seconde fois sa mise en jeu, de 4-3 à 5-3, et laissait finalement échapper sa toute première demi-finale dans l'antre du All England Club (6-3). Invincible depuis 18 matches et le départ de son parcours victorieux à Madrid, son bourreau bâlois, lui, se qualifiait pour sa 20e finale en Grand Chelem, effaçant ainsi des tablettes un certain Ivan Lendl.
Dimanche, c'est un autre monument du tennis qui pourrait s'incliner face au Suisse: l'Américain Pete Sampras et ses 14 succès majeurs, alors que Roger Federer en briguera un 15e. "J'ai une nouvelle opportunité d'écrire l'histoire et je suis content que ce soit ici à Wimbledon", réagissait l'intéressé à sa sortie du court. Outre cet honneur, l'actuel n°2 mondial aurait par ailleurs un autre événement à célébrer en cas de sixième sacre londonien: son retour au sommet de la hiérarchie, au détriment de Rafael Nadal...





Ces
Français en finale de Grand Chelem