Ecclestone dérape...
Quelle mouche a donc piqué Bernie Ecclestone ? Le "grand argentier" de la Formule 1 a exposé dans un entretien vérité au très sérieux Times, ses opinions sur la démocratie, qui "n'a pas fait beaucoup de bien à beaucoup de pays". Il y évoque également sa préférence pour les "leaders forts", dont Hitler, qui a été un dictateur "efficace".
Bernie Ecclestone a révélé a grand jour des opinions douteuses. (Reuters)
En effet, dans un entretien marqué de son franc-parler, le milliardaire anglais âgé de 78 ans avoue qu'il préfère "les leaders forts", dont Hitler, auquel il reconnait certains mérites. "C'est terrible à dire je suppose, mais à part le fait qu'Hitler s'est laissé emporter et persuader de faire des choses dont j'ignore s'il voulait les faire ou pas, il était en position de commander beaucoup de gens et d'être efficace. A la fin il s'est perdu, donc il n'était pas un très bon dictateur", tente de nuancer Bernie Ecclestone, développant une vision très personnelle de l'histoire du 20e siècle.
"Max [Mosley] ferait un super boulot, c'est un bon leader"
Depuis très longtemps à la tête de la discipline, et depuis peu patron d'un club de football à Londres, Bernie Ecclestone évoque dans cette interview sa vision du pouvoir. Et il faut dire que l'homme n'a que peu d'estime pour la démocratie. "Les politiciens sont trop préoccupés par les élections", commente le magnat de la F1, pour qui les Anglais et les Américains ont fait "une chose terrible en portant l'idée qu'il fallait se débarrasser de Saddam Hussein. Il était le seul qui pouvait contrôler ce pays. C'était la même chose avec les taliban".
Et les choses ne s'améliorent pas lorsqu'il évoque la situation de son pays: "Si vous observez la démocratie, elle n'a pas fait beaucoup de bien à beaucoup de pays, dont celui-ci", avance-t-il à propos de l'Angleterre. "Tous ces gars, Gordon (Brown) et Tony (Blair), essayent de plaire à tout le monde tout le temps", ajoute Ecclestone, pour qui seule Margaret Thatcher trouve grâce à ses yeux. "Mais les hommes politiques anglais actuels sont en train de détruire tout ce qu'elle a patiemment construit", avance-t-il. Par contre, son ami Max Mosley, longtemps comparé à un dictateur pour sa gestion autoritaire de la FIA, ferait un très bon Premier ministre: "Max ferait un super boulot, c'est un bon leader", commente le "grand argentier". Une proposition qui a fortement choqué outre-Manche. Max Mosley, au-delà de son goût personnel pour les parties fines à caractère nazi, est le fils d'Oswald Mosley, un ancien dirigeant fasciste anglais et ami de Joseph Goebbels. Mais Ecclestone ajoute qu'il ne croit pas que "son passé familial soit un problème".
Plusieurs réactions indignées ont suivi la publication de l'entretien du Times. Le député travailliste Denis MacShane a estimé que "si monsieur Ecclestone pense sérieusement qu'Hitler a dû être persuadé de tuer six millions de juifs, d'envahir tous ces pays européens et de bombarder Londres, alors il ne connaît pas l'Histoire et fait preuve d'une erreur de jugement complète". Le Conseil des représentants des juifs britanniques a jugé, également dans le Times, les commentaires de Bernie Ecclestone sur Hitler "bizarres", ironisant sur les compétences de l'homme: Bernie Ecclestone "dit «la politique ce n'est pas pour moi» et nous sommes plutôt d'accord".







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