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Le 20/07/2008 à 17:18 Par Yannick SAGORIN
De Sports.fr
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Piquet revient de loin

Dans le collimateur de Flavio Briatore il y a deux mois, tout juste épargné par sa septième place à Magny-Cours le mois dernier, Nelson Piquet s'est octroyé une grande bouffée d'oxygène ce dimanche, en terminant deuxième du Grand Prix d'Allemagne derrière Lewis Hamilton. Un premier podium cette saison pour Renault aux allures de revanche pour le second de Fernando Alonso.

Maillon faible présumé de l'équipe, Piquet offre à Renault son premier podium de la saison. (Reuters) Maillon faible présumé de l'équipe, Piquet offre à Renault son premier podium de la saison. (Reuters)
"Je fais mon propre boulot mais nous avons un objectif: terminer quatrièmes au championnat des constructeurs. Nous avons donc besoin des points des deux pilotes. Or il sera difficile pour Nelson de marquer des points aujourd'hui." Cette confession est signée Fernando Alonso et a été prononcée ce dimanche matin, quelques heures avant le Grand Prix d'Allemagne. Fort de sa cinquième place sur la grille de départ, alors que son coéquipier n'a pas été capable de franchir le stade de la première session de qualifications, le pilote espagnol nie alors toute frustration, mais désigne très nettement Nelson Piquet tel le maillon faible d'un team Renault en grand retard dans ses ambitions.

Attendus dans le sillage des grosses cylindrées que sont les Ferrari, les BMW et les McLaren, les bolides frappés du losange pointent avant le verdict de Hockenheim derrière les Toyota, Red Bull et autres Williams. Il faut alors un coupable, un bouc-émissaire, pour justifier cet affront. Et qui mieux que Nelsinho, apparu dans les points sur le Grand Prix de France seul, du haut de sa septième position, pour endosser cette lourde responsabilité ? Dix-septième hier encore à l'issue des qualifications, Nelson Piquet Junior ne semblait pas devoir inverser la tendance avant l'échéance hongroise, programmée dans deux semaines, au moins. Et pourtant, s'il est un héros aujourd'hui à célébrer dans le clan Renault, c'est bel et bien le rejeton du triple champion du monde du même nom.

Persona non grata deux mois auparavant

Difficile alors de ne pas percevoir l'ironie de la situation. Il y a deux mois de cela, au sortir du Grand Prix de Turquie, Flavio Briatore lançait un ultimatum informel à son deuxième pilote, prêt à réduire la carrière du Brésilien à néant au moindre écart de conduite, sous couvert d'un sursis de trois courses. Guère plus lumineux à Monaco et au Canada, Nelson Piquet n'avait de fait sauvé sa place chez Renault qu'à la faveur de son entrée dans les points à Magny-Cours, le mois dernier, alors que déjà les noms de Takuma Sato ou Anthony Davidson, voire David Coulthard, étaient évoqués pour le suppléer au volant de la R28. Une promesse que l'intéressé a tenu avec brio ce dimanche en Allemagne.

Bien sûr, il a fallu un sérieux coup de pouce du destin pour que Nelson Piquet efface les quinze monoplaces qui le séparaient au départ du podium. Au 36e tour de piste, alors que Nelsinho figurait en 13e position à l'issue de la première vague de ravitaillements, le crash de Timo Glock, victime de la casse de la suspension arrière droite de sa Toyota, bouleversait la donne du Grand Prix. La voiture de sécurité se chargeait alors de remettre les compteurs à zéro et la précipitation de la plupart des acteurs dans les stands au 38e tour achevait la redistribution des cartes.

Le précédent Kovalainen

Par ce jeu de dupes, Nelson Piquet, rare pilote à ne pas avoir cédé à la tentation du ravitaillement à l'image de Lewis Hamilton, Nick Heidfeld et Rubens Barrichello, se retrouvait en effet dans le trio de tête au 42e passage. Avant de s'octroyer un joli quart d'heure de gloire, tandis que le détour par les stands de ses deux devanciers lui conférait le leadership de la course, entre le 53e et le 59e tour. A huit boucles du drapeau à damiers néanmoins, Lewis Hamilton, au métier, le passait pour signer son quatrième succès de la saison et ainsi prendre seul les commandes du championnat.

Pour Nelsinho, 11e désormais du classement des pilotes, il s'agit assurément là d'une belle revanche, même si le chemin est encore long pour obtenir durablement les faveurs de Flavio Briatore. L'an passé, la deuxième place de Heikki Kovalainen au Japon et ses 30 points recueillis ici et là n'avaient pas permis au Finlandais de rester auprès de Fernando Alonso en 2008. Nul doute que le Brésilien a encore beaucoup à prouver, sur le plan de la constance notamment, pour se faire un nom au sein du team Renault. Mais que ce podium allemand est rafraîchissant !

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