Intraitable Hamilton
Deux semaines après sa tonitruante victoire en Grande-Bretagne, Lewis Hamilton triomphe à nouveau en remportant le Grand Prix d'Allemagne. Un succès acquis malgré une intervention de la voiture de sécurité, entrée en piste suite à un crash de Timo Glock. Le pilote McLaren-Mercedes devance Nelson Piquet, qui offre à Renault son premier podium de la saison. Massa est troisième, Räikkönen sixième et Alonso seulement onzième.
Lewis Hamilton mène désormais en solo le championnat. (Reuters)
Cette dixième manche de la saison a commencé comme un cavalier seul pour le pilote anglais. Parti de la pole position, il creuse rapidement l'écart sur Felipe Massa. Il ravitaille une première fois au dix-huitième tour, deux boucles avant le Brésilien. Une fois Kovalainen passé par les stands lui aussi (au vingt-et-unième passage), Hamilton retrouve la tête de course et reprend sa chevauchée.
Ruée dans les stands
Alors qu'il boucle son trente-cinquième tour, Timo Glock voit soudainement sa suspension arrière droite lâcher. Aussitôt déséquilibrée, la Toyota est propulsée contre le mur des stands. Vu les débris sur la piste, la direction de course fait logiquement entrer la voiture de sécurité. Les commissaires de piste sortent Glock de son cockpit. Le pilote allemand n'a pas l'air sérieusement touché, mais semble quand même avoir mal.
Au trente-huitième tour, l'allée des stands (fermée depuis le début de la neutralisation) est rouverte... et c'est la ruée. Les deux pilotes Ferrari, les deux pilotes Toro Rosso, les deux pilotes Red Bull, Kovalainen, Kubica, Alonso et Rosberg: tous rentrent en même temps. Au moment de ressortir, Vettel et Alonso sont côte-à-côte. Le pilote Toro Rosso oblige le double champion du monde à mordre sur la ligne blanche à l'entrée de la piste. Le Taureau des Asturies se plaint à la radio: "Vettel m'a poussé !" Au final, personne n'écope de pénalité suite à cet incident.
Hamilton, lui, est resté en piste, tout comme Nick Heidfeld et Nelson Piquet. Ils occupent donc les trois premières places. Au quarante-troisième tour, la course reprend ses droits. Mais il est clair que le leader du championnat et le pilote BMW devront ravitailler une seconde fois. L'Anglais rentre au quarante-neuvième passage, l'Allemand au cinquante-troisième. Piquet se retrouve en tête: lui s'est arrêté dans la trente-cinquième boucle, juste avant le crash de Glock.
Kovalainen s'efface
Lorsqu'il reprend la piste, Hamilton est dans les roues de son équipier Kovalainen. Le Finlandais commence par résister. Mais au cinquante-et-unième tour, il ouvre la porte et laisse passer l'Anglais. Une décision qui pousse forcément à se demander si l'équipe McLaren n'a pas demandé à "Kova" de s'effacer alors que les consignes d'équipe sont interdites. Après l'arrêt de Heidfeld, Hamilton se retrouve troisième et fond littéralement sur Massa. Le Brésilien ne résiste pas longtemps: il se fait dépasser à dix tours de l'arrivée. Ne reste plus que Piquet: le Brésilien est rejoint et débordé au soixantième tour.
Avec ce succès imparable, Hamilton reprend donc seul les commandes du championnat. Derrière lui, Nelson Piquet termine sa plus belle course en deuxième position: il était dix-septième sur la grille! Il fait mieux que son équipier, relégué au onzième rang par sa stratégie. Le Brésilien offre surtout à Renault son premier podium de la saison. Au championnat constructeurs, l'écurie au losange remonte à la sixième place, sur les talons de Toyota et Red Bull. En se classant troisième, Felipe Massa sauve les meubles et se maintient à quatre longueurs d'Hamilton.
Derrière, Nick Heidfeld signe une belle quatrième place, devant Kovalainen et un Räikkönen étrangement discret. Si "Iceman" a réalisé plusieurs beaux dépassements (le dernier sur Robert Kubica à sept boucles de l'arrivée), il n'a jamais été dans le coup pour la gagne, ni même pour le podium. Le Polonais termine septième, alors que Sebastian Vettel est huitième: un point qu'il récolte pour avoir profité d'une erreur de Jarno Trulli au soixante-deuxième tour. Son équipier Sébastien Bourdais est à l'arrivée lui aussi: en douzième position, sur les talons d'Alonso.






Sébastien
Bourdais, un Français en F1
