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Tour de France
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Dessel prend de la hauteur

Venu sur le Tour de France avec pour objectif premier de remporter une étape, Cyril Dessel a rempli son contrat lors de la 16e levée courue entre Cuneo et Jausiers. Le Stéphanois, qui a profité d'une échappée fleuve, s'est adjugé la deuxième étape alpestre devant son compatriote Sandy Casar. Les grands favoris, dont le maillot jaune Frank Schleck, se sont eux marqués à la culotte. Seul Denis Menchov, lâché dans l'ultime descente, a perdu une trentaine de secondes.

Cyril Dessel offre à l'équipe AG2R sa première victoire. (Reuters) Cyril Dessel offre à l'équipe AG2R sa première victoire. (Reuters)
Sixième de l'édition 2006 du Tour de France (après le déclassement de Floyd Landis, Ndlr) au cours de laquelle il avait connu le bonheur de porter le maillot jaune, Cyril Dessel nous avait livré avant le départ de Brest que son objectif cette année était de signer un succès d'étape. "Si je rentre à Paris avec une victoire d'étape, ce serait formidable", avait-il alors confié. La 16e de la 95e édition, la deuxième des Alpes, courue mardi entre Cuneo et Jausiers au lendemain de la seconde journée de repos de la Grande Boucle, aura été la bonne.

Le Français, qui n'avait jusque-là pas pu exprimer tout son potentiel en raison notamment de petits problèmes à la selle contractés une dizaine de jours avant le départ de Bretagne, avait fait depuis les Pyrénées son deuil du classement général puisqu'il pointait encore à la 36e place ce matin. Son idée était de passer à l'attaque des les Alpes.

Il se trouva ainsi dans la grande offensive du jour en compagnie d'une trentaine de coureurs partis, par petits groupes, après une quarantaine de kilomètres à la conquête du col de la Lombarde. Une échappée de bonne facture puisqu'en plus de Dessel, on pouvait y voir Tadej Valjavec, Maxime Monfort et Damiano Cuynego, trois membres du Top 16, mais aussi Stefan Schumacher, Haimar Zubeldia, Yaroslav Popovych, Jens Voigt et les Français Sandy Casar, Nicolas Portal, Sylvain Chavanel, Thomas Voeckler, Samuel Dumoulin, Christophe Le Mével, David Moncoutié, Rémi Pauriol et Geoffroy Lequatre. Le peloton, malgré la présence de quelques coureurs dangereux pour le général, laissait faire et l'écart grimpa assez vite. Les 21 kilomètres du col de la Lombarde faisaient éclater le groupe de tête comme le peloton.

Valjavec, maillot jaune virtuel...

Au sommet, Schumacher passait seul en tête avec plus de neuf minutes sur le groupe maillot jaune. La descente rapide jusqu'au pied de l'ascension de la Bonette-Restefond ne faisait qu'accentuer les écarts. Si bien qu'au pied du deuxième col hors-catégorie de la journée, l'Allemand comptait douze minutes sur le groupe des favoris et huit sur celui des poursuivants dont faisaient partie Dessel et son coéquipier chez AG2R Valjavec qui, à ce moment-là, était le nouveau maillot jaune virtuel. Les CSC du leader Frank Schleck ne le savaient que trop bien et décidaient de passer la vitesse supérieure dès les premiers lacets de la Bonette-Restefond, col le plus haut d'Europe accessible par la route (2 802 mètres). Fabian Cancellara, puis Nicki Sorensen, se sacrifiaient avant de laisser Andy Schleck assurer le tempo.

Dès les premières portions, la pente était fatale à bon nombre de bons grimpeurs si bien que seule une petite dizaine de coureurs entourait le maillot jaune. Parmi les prétendants au podium à Paris, seul le surprenant Christian Vandevelde, encore cinquième du général ce matin, avait disparu. Devant, l'échappée perdait aussi de nombreux éléments au point qu'au moment de la bascule au sommet, il ne restait plus que neuf coureurs, dont les Tricolores Dessel, Casar et Portal, pour se disputer la victoire une vingtaine de kilomètres plus bas à Jausiers. Le pauvre Sud-Africain John Lee Augustyn, passé en tête à la Bonette, s'éliminait tout seul en manquant un virage, s'offrant par la même occasion une sacrée frayeur avant de remonter sur son vélo. Un quatuor composé de Dessel, qui n'avait pas ménagé ses efforts dans l'ultime ascension pour épauler son leader Valjavec, Casar, Popovych et Arroyo, qui avait pris quelques longueurs d'avance dans les derniers lacets sur Hincapie, Sioutsou, Portal et Valjavec, plongeait à pleine vitesse dans la vallée.

Menchov perd de précieuses secondes

Franck Scheck, Kohl et Menchov ne se sont pas lâchés dans les cols. (Reuters) Franck Scheck, Kohl et Menchov ne se sont pas lâchés dans les cols. (Reuters)
Le succès d'étape ne pouvait plus échapper à l'un de ces quatre hommes. Casar, vainqueur à Angoulême l'an dernier, pouvait, grâce à son talent de puncheur, rêver de rééditer son exploit. Mais c'était sans compter sur la malice de Dessel, lequel, connaissant parfaitement le final, attaquait le premier pour prendre quelques longueurs d'avance avant de négocier un dernier virage et foncer tout droit vers la victoire. Le trio des battus, réglé par Casar pour un doublé français, ne pouvait que s'avouer vaincu. Déjà lauréat d'étape cette saison sur les 4 Jours de Dunkerque, le Tour de Catalogne et le Dauphiné-Libéré, le Stéphanois savourait au micro de France Télévisions. "C'est un énorme plaisir. Depuis le début du Tour, je n'avais pas de bonnes jambes. La journée de repos hier m'a fait beaucoup de bien. Dans la Bonette, j'ai beaucoup oeuvré pour Valjavec. J'ai mis toutes mes forces dans la dernière rampe. Mais quand je me suis retrouvé devant dans le final, je savais qu'il fallait que je fasse l'effort à 300 mètres de la ligne car j'avais repéré cette arrivée. Je n'ai même pas osé lever les bras tellement j'avais peur de me faire reprendre."

Vainqueur à 33 ans de sa première victoire d'étape sur le Tour, celui qui participera à la course en ligne des Jeux de Pékin a réussi son Tour même s'il ne fera pas une place dans les dix, quinze premiers comme il le souhaitait. Le haut du classement général est lui toujours aussi indécis. La deuxième étape alpestre n'a servi qu'à éliminer l'un des six prétendants au maillot jaune sur les Champs Elysées. Christian Vandevelde, qui avait su jusque-là suivre les meilleurs en montagne, a perdu plus de quatre minutes sur le vainqueur du jour et 2'36" sur le groupe maillot jaune. Le rouleur américain de la formation Garmin aura désormais du mal à accrocher le podium.

Distancé dans la descente finale, Denis Menchov a quant à lui encore laissé échapper quelques précieuses secondes, 35 exactement, qui pourraient s'avérer décisives au moment des comptes dimanche soir. Le Russe, pourtant encore à son avantage dans les ascensions, a reculé d'un rang au profit de Carlos Sastre et pointe désormais à 1'13" de Frank Schleck. Le Luxembourgeois qui, comme son dauphin Bernhard Kohl, sera dans l'obligation de tenter quelque chose mercredi lors du triptyque Galibier-Croix-de-Fer-Alpe d'Huez pour espérer défiler en jaune à Paris. Car sinon, Cadel Evans, troisième à huit secondes, n'aura aucun mal pour récupérer son bien samedi lors du contre-la-montre de Saint-Amand qui s'annonce au moins aussi décisif que la dernière étape de montagne.

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