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Tour de France
Le 19/07/2008 à 19:55 Par SYLVAIN LABBE
De Sports.fr
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Evans au pied de sa montagne

Il a le sourire Cadel Evans après avoir passé samedi entre Nîmes et Digne-les-Bains sa cinquième journée en jaune sur le Tour de France. Mais l'Australien, qui ne possède toujours qu'une seule petite seconde sur son dauphin au classement général, Frank Schleck, ne sait que trop bien que l'heure de vérité approche avec l'entrée dans les Alpes dimanche.

Evans sait que le plus dur est à venir s'il veut conserver son maillot jaune. (Reuters) Evans sait que le plus dur est à venir s'il veut conserver son maillot jaune. (Reuters)
Un homme heureux. Alors que le Tour de France aborde dimanche son heure de vérité avec l'enchaînement de ses trois étapes alpestres entrecoupées par une seconde journée de repos lundi en Italie, Cadel Evans, son leader, n'en finit plus d'arborer son éclatant sourire, goûtant avec un délice non dissimulé son nouveau statut de leader de la Grande Boucle. Cinq jours désormais que l'Australien est le détenteur de la tunique jaune dont il s'est emparé à Hautacam pour une petite seconde d'avance sur Franck Schleck.

Pour beaucoup, une prise de pouvoir jugée prématurée au regard de la densité et de la qualité de sa formation mais qu'Evans semble avoir géré au mieux, apparaissant très détendu et gérant avec une apparente sérénité son isolement au sein du peloton. Une semaine après sa lourde chute, le leader de la Silence-Lotto paraît même armé de nouvelles certitudes comme si cette première expérience du maillot jaune l'avait libéré. "Je suis satisfait d'avoir récupéré de ma chute, se félicitait-il ainsi au micro de France 2 à l'arrivée à Digne-les-Bains. "Tout va bien maintenant." Il n'en reste pas moins que le plus dur est à venir avec une traversée des Alpes qui prend des allures de juge de paix à huit jours de l'arrivée sur les Champs. Evans ne le sait que trop bien mais se dit prêt à relever le défi.

Schleck: "Seul, on ne peut rien faire mais en équipe, on peut beaucoup"

"C'est à moi de faire ma course et de prendre les choses en main", commente-t-il, semblant tenir pour acquise l'obligation de se débrouiller seule dans les jours qui vont venir. Avec en guise de lieutenants capables de l'épauler en montagne, les seuls Dario Cioni et surtout Yaroslav Popovych, Evans ne semble pas vraiment armé pour faire face aux attaques de ses nombreux concurrents d'un classement général où les prétendants restent encore très nombreux et les écarts très resserrés. Les dix premiers se tiennent ainsi encore en moins de cinq minutes. Pourtant, l'Australien, qui s'il n'a jamais été réputé pour ses qualités offensives a maintes fois prouvé sa capacité à suivre le rythme des meilleurs, à l'image de ses performances l'an passé lorsqu'il avait été le seul en mesure de suivre Contador et Rasmussen, se veut confiant en affirmant notamment: "Popovych s'améliore de jour en jour."

Surtout dans ce contexte d'une extraordinaire densité, où l'écrémage reste à faire, Evans, qui cite outre Carlos Sastre et Franck Schleck, également Denis Menchov, Alejandro Valverde ou Bernhard Kohl parmi ses rivaux des jours prochains, pourrait avoir beau jeu de diviser pour mieux continuer à régner. En clair, comme le dit Evans, "nous serons parfois obligés de coopérer." Même s'il concède que "la CSC possède deux grands grimpeurs, ce sera sûrement à elle d'avancer ses pions." Et de préciser: "Aucune équipe n'est plus forte qu'une autre en montagne."

Pourtant, comment ne pas voir en cette CSC à deux têtes et si impressionnante depuis le départ de Brest la menace principale pour l'actuel leader? La formation de Bjarne Riis ne cache pas en tout cas ses ambitions à l'image d'un Andy Schleck persuadé que le collectif danois fera la différence: "Nous sommes super motivés, annonce le Luxembourgeois. Tout le monde a montré qu'il marchait bien en montagne. Jens Voigt est ainsi plus fort que jamais. On possède deux grands leaders avec Franck et Carlos. Seul, on ne peut rien faire mais en équipe, on peut beaucoup." Autre formation prête à dégainer dès dimanche, la Caisse d'Epargne annonce la couleur par la voix de son directeur sportif Yvon Ledanois: "On va faire ce qu'on a à faire. On vise toujours un accessit à Paris. Oscar (Perreiro) et Alejandro (Valverde) ont montré qu'ils avaient récupéré ; ils ont du temps à reprendre mais rien à perdre." Et Ledanois de déclarer la guerre ouverte: "Et il n'y a pas que l'étape de demain (dimanche). Il faut attaquer, on va passer à l'offensive, mais il faut le faire de manière intelligente. (...) On va voir des maillots Caisse d'Epargne devant demain (dimanche)".

Mais pour bon nombre d'observateurs, le rival n°1 d'Evans se nomme Denis Menchov. Et Oscar Freire, le coéquipier du Russe sous le maillot de la Rabobank, vainqueur samedi à Digne, ne s'y trompe pas: "Oui, je crois que Menchov est le meilleur candidat dans ce Tour. Il a l'avantage dans la montagne, il semble le plus fort dans cette dernière partie de la course. On compte sur lui pour qu'il prenne le jaune dans les Alpes." Evans est prévenu!

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